1948 : Nouveaux Statuts et siège à Genève ?
* Au printemps 1948 à Bruxelles, en présence es délégués de 14 pays (dont M. Roger Lechner, représentant pour la première fois Monaco), la séance est ouverte à l’hôtel Cosmopolite le 13 avril.
* Les Statuts figurent en haut de l’ordre du jour. Le Président Haecker fait remarquer qu’un point à son avis essentiel ne figure ni dans les statuts existants ni dans les deux projets qui ont circulé : celui du siège permanent de la FICM. M. Haecker suggère Genève, car le bureau considère que les réserves financières de la fédération devraient se trouver dans un pays à monnaie stable.
* La réunion aborde ensuite le sujet du nombre de votes par pays, considérant les différences parfois importantes entre les cotisations de chaque pays, et la taille même des pays (Monaco…)
* Le congrès d’automne est fixé à Londres, au mois de novembre, juste après le salon de la moto à Earl’s Court. Le congrès de printemps 1949 est prévu au Luxembourg.
* La réunion de la CSI commence par le sujet des Six Jours de régularité, brillamment organisés et remportés par la Tchécoslovaquie, ce qui donne le droit à ce pays d’organiser à nouveau la manifestation en cette année 1948. Malheureusement, une sérieuse évolution politique a été enregistrée depuis le dernier congrès, changement qui, dans un premier temps, a empêché le club tchèque d’envoyer des délégués et pourrait avoir comme conséquence l’impossibilité pour les pilotes et officiels de se rendre en Tchécoslovaquie en automne. Le rideau de fer est en train de se fermer sur l’Europe de l’Est. La question est posée de savoir si l’organisation est tout de même laissée au Tchèques, transférée dans un autre pays (avec leur accord) ou purement et simplement supprimée. Avec l’accord du Club tchèque (par téléphone…), l’organisation est confiée à l’Italie.
* Le Grand Prix d’Europe de la FICM – qui sera le dernier de l’histoire, en tant que manifestation unique – se déroule à Clady, près de Belfast, par mauvais temps et sous une pluie diluvienne. Freddie Frith remporte la course en 350cc au guidon de sa Velocette d’usine, Maurice Cann en 250cc sur une Guzzi, et Enrico Lorenzetti en 500cc également sur une Guzzi.
* Le délégué britannique, M. Chamberlain, introduit le sujet du Motocross des Nations. La discussion s’engage et tout le monde est d’accord qu’il faut augmenter le nombre de pays participants, quitte à créer un « Grand Challenge » et un « Petit Challenge” (le Trophée des nations ne verra le jour qu’en 1961). Une sous-commission examine une ébauche de règlements et présente le rapport suivant à la CSI pour les épreuves du 8 août 1948 à Spa, celle de 1949 en Grande-Bretagne et à tour de rôle par la suite :
- Chaque Nation concurrente alignera cinq coureurs au minimum et douze au maximum.
- Le carburant sera libre à l’exclusion de toute addition d’alcool. La cylindrée ne dépassera pas 500 cc, et la suralimentation ne sera pas autorisée. Les dispositions de l’annexe H du règlement international des courses seront d’application générale.
- L’épreuve se disputera en séries et finale, la distance totale ne dépassant pas 60 kilomètres. Le nombre et la composition des séries seront laissés à la décision d’un jury comprenant un commissaire de chaque pays.
- Les départs seront donnés par groupe, avec moteur en marche.
- Les trois meilleurs coureurs de chaque pays passeront en finale. Le lot sera complété par ceux des autres coureurs, sans distinction de nationalité, ayant réalisé les meilleures performances, jusqu’à un maximum raisonnable de 30 par exemple.
- La formule d’élaboration des résultats sera établie à une date ultérieure.
- L’entretien des concurrents visiteurs sur le territoire du pays organisateur sera à la charge de l’UMN de ce pays.
- Le pays organisateur portera la responsabilité de l’établissement, de la publication, et de la mise en application du règlement complémentaire, respectant les conditions ci-dessus, et prendra toute disposition nécessaire à assurer le succès de l’épreuve.
* Le congrès d’automne a lieu à Londres du 25 au 27 novembre 1948, comme d’habitude dans les locaux du RAC. M. Haecker préside la séance.
* Le Président de la CSI, M. Nortier, félicite la Fédération belge à la fois pour l’organisation et pour la victoire de l’équipe belge au motocross des Nations à Spa. L’organisation de l’épreuve de 1949 est à la charge de l’ACU le 28 août.
* Au niveau de la CSI, la décision est prise, au sujet du Grand Prix d’Europe de la FICM, de « discontinuer à tenir cet événement annuellement, mais d’autre part d’instituer, déjà en 1949, des championnats de course de route motocyclistes annuels du monde » (sic !). Les règlements pour ces championnats seront publiés le 14 janvier 1949 et le calendrier sportif international pour la saison 1949 établi le 12 février 1949. Les Grands Prix sont officiellement lancés!
ENCADRE :
Championnat du Monde des Grands Prix de Courses sur Route
Extrait du rapport rédigé par le secrétaire de la CSI, Major T.W. Loughborough:
«La F.I.C.M. décernera le titre de champion du monde a) au meilleur conducteur et b) au meilleur constructeur, dans les manifestations classiques de courses sur route de l’année, dans chacune des classes reconnues pour lesquelles au moins trois courses seront réalisées, à savoir:
125 cc, 250 cc, 350 cc, 500 cc solo et 600cc side-car.
Les distances minimum des courses dans les diverses classes seront: pour les 125 cc solo et les 600 cc side-car: 100 kilomètres; pour les 250 cc solo: 125 kilomètres; pour les 350 cc solo: 150 kilomètres; pour les 500 cc solo: 200 kilomètres.
Les manifestations classiques de courses sur route de 1949, dans lesquelles les conditions ci-dessus seront remplies, sont:
1. Les courses du Tourist Trophy, Ile de Man, les 13, 15 et 17 juin.
2. Le Grand Prix de Suisse, Berne, les 2 et 3 juillet.
3. Le Dutch T.T., Assen, le 9 juillet.
4. Le Grand Prix de Belgique, Spa-Francorchamps, le 17 juillet.
5. Le Grand Prix d’Ulster, Belfast/Clady, le 21 août.
6. Le Grand Prix des Nations, Monza, le 4 septembre.
Aucune inscription spéciale n’est exigée pour les championnats et les titres seront décernés d’office selon les points obtenus dans chacune des manifestations, comme suit: vainqueur/10 points; 2e place/8 points; 3e place/7 points; 4e place/6 points; 5e place/5 points. Tour le plus rapide effectué par un pilote qui finit la course: 1 point.
Seules les trois meilleures performances dans toutes les manifestations comptent.
Dans le cas du championnat des constructeurs, seule la machine la mieux classée d’une marque quelconque marquera des points; par exemple, si les 1re, 2e et 3e places d’une course sont prises par des machines de marque «X », la 4e place par la marque «Y», la marque «X » recevra 10 points, et la marque «Y» 6 points.
En cas d’ex aequo, les quatre meilleures performances dans toutes les manifestations compteront, et ensuite, si nécessaire, les cinq et les six meilleures performances. Au cas où le nombre de courses réalisées dans une classe en particulier serait insuffisant pour calculer le résultat selon cette méthode, il y sera procédé par l’addition des temps pour le nombre d’épreuves où les concurrents en question auront été classés.
Si les résultats restent encore égaux, le titre sera décerné conformément à la décision de la commission sportive internationale de la F.I.C.M.
Le champion individuel de chaque classe recevra:
1. L’insigne de champion de la F.I.C.M.
2. Le brassard de champion de la F.I.C.M.
3. Un diplôme.
Le constructeur champion de chaque classe recevra un diplôme.»
1949 : La FICM devient FIM
* Le bureau, composé de MM. Haecker, Pérouse, Nortier (CSI), Watling et Loughborough, se réunit le 6 avril 1949 en fin d’après-midi au casino de Luxembourg.
* Sur le plan des finances, des détails doivent être mis au point sur le côté opérationnel du compte en francs suisses à Genève. Un budget en augmentation est préparé. Le trésorier, Major Watling, explique avoir effectué des démarches afin de racheter des trophées pur les Six Jours, en remplacement des deux disparus en Allemagne. Le montant des deux trophées, en argent, est de 120 livres… à débiter au compte de l’Allemagne.
* La révision des Statuts a déjà nécessité deux ans de travail, notamment pour le secrétaire général et le vice-président Pérouse. Le moment est venu de présenter les résultats :
Art. 1 : Le nom de la fédération devient «Fédération Internationale Motocycliste» (ce que M. Chamberlain regrette – la disparition d’un nom de près d’un demi-siècle).
Art. 3 : L’abréviation FMN (Fédération motocycliste nationale) remplacera à l’avenir UMN (Union motocycliste nationale), plus en rapport avec la majorité des noms des associations nationales.
Art. 11 : La représentation par procuration est maintenue d’un cheveu: celui du vote décisif du président Haecker.
Art 13 : L’ordre des réunions ne devrait pas être mentionné dans les statuts, par exemple le bureau le premier jour, le conseil ensuite, etc. Mais cela deviendra une habitude...
Art. 17 : Les tâches du secrétaire général et du trésorier doivent faire l’objet d’articles séparés; le trésorier, comme mentionnée auparavant, doit être élu tous les trois ans comme les vice-présidents. Ce parallèle restera en vigueur dans le futur, alors que le poste de secrétaire général fera l’objet d’un vote du conseil général.
Il est suggéré que M. Pérouse se charge de la rédaction du texte français de ces statuts. La date officielle d’entrée en vigueur proposée est le 1er janvier 1950, mais la majorité des 2/3 anticipe cette entrée en vigueur.
* Malgré une offre de M. Tuma, délégué tchèque, (alors que M. Rechziegel, officiellement vice-président de la FICM, est absent), de tenir le congrès d’automne à Prague, le conseil décide d’organiser son assemblée suivante à Paris. Don Barron et Rodil del Valle présentent une invitation de la FME pour le congrès de printemps 1950 à Madrid. M. Tuma affirme que son invitation est aussi valable pour le congrès de printemps à Prague; le vote donne 9 à 2 en faveur de l'Espagne...
* Le rapport de la CSI mentionne les discussions au sujet du code sportif international et de chacune de ses annexes. L’annexe A se réfère à l’enregistrement des conducteurs et passagers; a partir de 1950, les licences internationales annuelles seront imprimées par la CSI et mises à disposition des FMN. L’annexe B concerne la classification technique des motocycles. L’annexe C concerne les records du monde, l’annexe D les chronométreurs, et l’annexe E le calendrier sportif international. L’annexe F est consacré aux manifestations internationales de courses sur route, l’annexe G aux courses sur pistes et l’annexe H au speedway (ces deux règlements étant ceux de l’ACU, en phase de révision). L’annexe J (motocross) est toute récente, rédigée conjointement par les délégations belges et hollandaises; quelques petites modifications y sont apportées et la question au sujet du départ (lever ou baisser le drapeau) est finalement réglée par vote: on lèvera le drapeau! L’annexe K (moto-ball) est à la charge de la FFM et l’annexe L régit les Six Jours Internationaux. Enfin, l’annexe M – championnats du monde de courses sur route - confirme les conditions prévues pour l’octroi du titre de champion du monde publiées le 14 janvier 1949.
* L’idée du rallye international de la FICM est relancée, mais celle de le coupler à une manifestation sportive est laissée de côté, les buts n’étant pas les mêmes. Les Pays-Bas, détenteurs du trophée en 1939 à Zürich, posent une candidature de principe pour 1950; un nouveau règlement doit être rédigé.
* Au congrès d’automne, les 7, 8 et 9 novembre 1949, la FICM devient officiellement FIM Dix-neuf pays sont représentés (plus grand nombre de l’histoire à ce jour). Suite à une récente dévaluation de la livre sterling, le capital a subi une perte et le président insiste pour que le plus grand nombre d’opérations (inscriptions au calendrier, souscriptions) se fassent en francs suisses à la banque de Genève, à un taux de conversion de 12 francs pour une livre.
* Une longue discussion s’engage sur la réadmission ou non de l’Allemagne. Un premier vote décide, par 13 voix contre 6, de poursuivre la procédure lancée à Genève en 1946. Un comité est chargé de visiter l’Allemagne et prendre contact avec des clubs actifs dans le motocyclisme, et faire un rapport de la situation.
* Des problèmes de licences sont discutés (Espagnols habitant à Tanger, Anglais de Gibraltar voulant courir en Espagne, etc.).
* Une longue discussion a lieu au sujet du congrès de printemps. On se rappelle que Madrid avait été préférée à Prague, mais les délégués hongrois et polonais ont vu leur demande de visa refusée par le gouvernement espagnol. Le délégué polonais, M. Better, se lance dans des considérations politiques et finit par dire qu’il ne peut pas aller à Madrid, pas plus que les Tchèques, les Hongrois ou les Roumains.
* La première évaluation du championnat du monde est effectuée lors de la première séance de la CSI, le 8 novembre. Le président Pieter Nortier souligne que les championnats du monde de courses sur route «ont été organisés conformément aux règlements élaborés par le bureau et approuvés à Luxembourg, et soit qu’on les mesure à l’intérêt du public pour les courses motocyclistes, ou à l’importance accrue que l’on attache à nos grandes épreuves classiques ou encore au prestige qu’elles ont valu à la F.I.M., on peut les considérer comme un grand succès.» M. Nortier donne lecture des noms des champions, puis informe le comité que «lors de l’assemblée récemment tenue de la CSI de la FIA (Fédération internationale de l’automobile) à laquelle il représentait la F.I.M. ladite commission a montré beaucoup d’intérêt pour la manière dont nous organisions nos championnats et a proposé d’adopter dans le monde de l’automobile des méthodes semblables aux nôtres.» Rappelons que le championnat du monde de formule 1 débutera l’année suivante, en 1950.
* La commission discute ensuite des amendements qui doivent être apportés en vue du championnat 1950. Suite aux recommandations du bureau, elle décide, après avoir longtemps discuté de la définition du «tour le plus rapide», de ne plus attribuer de points pour le tour le plus rapide. Un nouveau système est adopté : 8 au 1er, 6 au 2e, 4 au 3e, 3 au 4e, 2 au 5e et 1 au 6e (au lieu de 10, 8, 7, 6 et 5).
* D’autres problèmes sont également discutés: les inscriptions des coureurs (délai établi au 31 mars pour que les FMN envoient au secrétaire général de la F.I.M. une liste de leurs coureurs nationaux qu’elles estiment entrer en considération pour le championnat du monde), la question des primes de départ, souvent insuffisantes pour couvrir les dépenses des coureurs. Ce problème n’est pas simple: au Grand Prix de Suisse, pour 36 partants, il y a eu cette année-là pas moins de 84 demandes d’inscription dans la classe 500 cc. Comment éviter que les promoteurs ne refusent des pilotes, ou payent des primes de départ insuffisantes pour couvrir leurs frais de voyage? La sélection des coureurs par leurs performances aux essais semble, malgré l’opposition de certains, le meilleur des critères, mais les habitudes ne sont pas les mêmes selon les pays. Il est convenu, par ailleurs, qu’une manifestation classique ne doit pas nécessairement se disputer tous les ans sur le même circuit, mais que si, à un moment donné, un autre circuit est choisi, ce nouveau circuit doit avoir servi antérieurement à des courses pendant un certain nombre d’années et doit avoir été approuvé par la commission ou par le bureau. La commission décide d’interdire de disputer des courses classiques motocyclistes et automobiles le même jour sur le même circuit (ce qui était assez courant à l’époque, notamment en France et en Suisse).
* Puis l’on passe en revue les Six jours de régularité, organisés en Grande-Bretagne et gagnés par les Britanniques, puis le motocross des Nations, qui a eu lieu à Brands Hatch le 28 août et qui a également été remporté par les Britanniques. Pour 1950, un quatrième pays entre dans la danse: la Suède. Trois suggestions d’amendements au règlement sont approuvées: seul du carburant du commerce peut être utilisé, un pilote ne peut utiliser qu’une seule moto durant la manifestation, et chaque équipe dispose d’un stand, mais des dépôts de réparation le long du circuit sont interdits.
* La réunion de la commission de tourisme commence par l’examen des propositions pour un règlement des rallyes. Pour 1950, le rallye de la F.I.M. est organisé le samedi 8 juillet en même temps que le Dutch TT. Le rallye international Madonna dei Centauri, organisé pour la quatrième fois avec un énorme succès, a lieu une semaine plus tard. D’autres rallyes internationaux sont annoncés pour 1950: Gand (Belgique), Ettelbrück (Luxembourg).
Photos Archives FIM - De haut en bas:
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-2 Daniell, 1949
-3 Leoni, 1949
-4 Pagani, 1949
-5 Ruffo, 1949
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