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Histoire FIM - Flash Back 1940-1947


1940 – 1945 : Des courses de Speedway pour la Croix-Rouge

* On retrouve dans les archives de l’ACU britannique mention d’une réunion du comité le 2 mai 1940: «Ce comité estime qu’il est impraticable, voire impossible d’élaborer maintenant les détails d’une nouvelle constitution pour le contrôle du speedway après la guerre, mais il est prêt à garantir l’indépendance financière du Speedway Control Board et suggère qu’un projet de constitution préparé par le secrétaire général serve de base de discussion au moment approprié».
* Pour aider la Croix Rouge, des manifestations de speedway sont organisées en plusieurs endroits, mais la plupart des activités en Grande-Bretagne finissent par s’arrêter – ce qui, on s’en doute, est depuis longtemps le cas sur le Continent...
* La prochaine réunion de l’ACU aura lieu le 19 juin 1945, celle de la FICM le 11 juin 1946.

1946 : Au lendemain de la guerre

* Genève, hôtel des Bergues, le 11 juin 1946. Les hostilités ont cessé depuis un an à peine, et il s’agit de reprendre des activités normales. L’Union Motocycliste Suisse a envoyé des lettres d’invitation à toutes les associations membres de la F.I.C.M. Ce matin-là, la toute première réunion a lieu à huis clos, entre les membres du bureau: le Comte Bonacossa, MM. Haecker, Pérouse et Ball, ainsi que M. Loughborough. Lors de cette réunion, il est décidé de recommander au conseil que toutes les élections, considérant la situation internationale, soient des mandats d’un an.
* La séance plénière commence donc à 14h00, en présence des délégués représentants 14 pays: Belgique, Tchécoslovaquie, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne et Suisse. Les quatre pays scandinaves sont représentés par procuration.
* On commence par passer en revue la situation des clubs et fédérations des pays qui ont donné des nouvelles: le Brésil, l’Empire britannique, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, l’Espagne, la Suède, la Suisse et la Yougoslavie. Aucune information n’a été reçue d’Argentine, du Chili, d’Estonie, de Grèce, de Hongrie, le Lettonie, de Lituanie, du Portugal, de Roumanie et des Indes néerlandaises. De grandes parties du monde ne sont cependant pas encore représentées à la FICM, notamment la Russie (sic), l’Amérique du Nord et l’Asie.
* Les premières questions qui se posent sont celles des éventuelles réadmissions à la FICM, comme l’Allemagne, le Luxembourg, la Hongrie et l’Autriche. Les cas de l’Allemagne et de l’Autriche sont reportés car ils dépendent des décisions prises sur le plan international. La Motor Union du Grand Duché de Luxembourg est réadmise.
* On passe ensuite à l’élection des membres du bureau pour un an. Tous les postes sont considérés comme étant à repourvoir. Le Comte Bonacossa fait savoir qu’il ne se présentera plus à la présidence. Après quelques discussions, M. Augustin Pérouse est élu à l’unanimité.  Les vice-présidents, MM. Löfström, Ball, Haecker et le Major Watling, sont élus pour un an, ainsi que M. Marians comme trésorier et M. Loughborough – également après de longues discussions – comme secrétaire général.
* La CSI se réunit le lendemain. Le premier point de discussion est l’épreuve des Six Jours, qui s’est déroulée à la fin du mois d’août 1939 dans la région de Salzburg. Décision est prise de considérer cette épreuve comme nulle et de la rayer du palmarès. Le secrétaire signale que la FICM n’a pu récupérer aucun trophée des Six Jours, y compris le Trophée International.
* Paris, Automobile Club de France, place de la Concorde, les 28 et 29 novembre: c’est la réunion de la commission sportive internationale. L’ordre du jour est impressionnant. M. Nortier prend place dans le siège de président, avec à ses côtés M. Lenfranc, vice-président. * Il est décidé à l’unanimité d’allouer le GP d’Europe de la F.I.C.M. à la Suisse (Grand Prix de Suisse, circuit de Bremgarten, 7 et 8 juin) pour 1947 et à l’Irlande (Ulster Grand Prix) pour 1948. Ensuite, la commission décide à l’unanimité, «qu’il serait prématuré de rétablir les championnats d’Europe».
* Les Six jours Internationaux sont attribués, après une longue discussion, à la Tchécoslovaquie. Puis on recommence à parler de carburant; c’est la plus longue discussion, selon le rapport. Il est décidé pour 1947 seulement que le carburant doit avoir une teneur entre 70 et 75 octanes, qu’il doit être fourni par les promoteurs et de qualité identique pour tous les concurrents, sans alcool, et avoir sa composition exacte mentionnée dans le règlement particulier. Les compresseurs sont interdits (pour l’instant seulement en 1947 – des compresseurs sont montés sur les moteurs italiens et allemands mais sur aucune machine britannique. Le moteur AJS n’a jamais fonctionné correctement). 
* Le point suivant à l’ordre du jour s’appelle «course internationale de Cross-Country». M. Lenfranc explique que récemment, en Hollande, un trophée de Cross-Country a été disputé entre des coureurs belges, hollandais et anglais, et a obtenu un grand succès. La Belgique et la Hollande proposent toutes deux que la FICM donne son approbation à cette manifestation et se déclare d’accord pour qu’un Cross-Country soit organisé tous les ans par la Hollande, la Belgique et l’Angleterre à tour de rôle. Ces trois pays pourraient voir leur nombre augmenter à l’avenir. M. Ball donne son accord de principe et suggère que des règlements de Cross-Country soient rédigés. Le président approuve. On l’a compris: le motocross des Nations vient de naître...
* Le 30 novembre, c’est le tour de la séance plénière qui commence à 14h30 sous la présidence de Monsieur Pérouse. Les pays suivants sont présents ou représentés: Argentine, Belgique, Canada, Danemark, Empire britannique, Tchécoslovaquie, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Espagne, Suisse et Suède.
* La principale question est celle de la réadmission de l’Autriche, mais elle est reportée. Le Canada, par contre, est admis comme nouveau membre, avec le consentement de l’ACU.

1947 : Les temps modernes


* Le congrès de printemps a lieu à San Remo. Sont présents: le président Pérouse, les vice-présidents Haecker, Ball et Watling  et les représentants de 15 pays. La structure du congrès a changé depuis la réunion de Genève et cette réorganisation va prendre de l’importance avec la croissance des activités de la FICM.
* En commentant le rapport de la séance du congrès précédent, une discussion s’engage sur la manière de réaliser les votes. Le secrétaire général Loughborough a fait allusion à la loi anglaise, ce qui provoque une réaction du délégué belge M. Ickx: selon les statuts, c’est le français qui fait foi! Il y a par ailleurs divergence entre les deux textes, «majorité absolue des voix» ayant été traduit par «a simple majority of votes», ce qui n’est pas la même chose. La question est aussi de savoir si un bulletin blanc représente l’expression d’un vote. Par 8 voix contre 7 (!), il est considéré que seuls les bulletins exprimés, oui ou non, doivent être comptabilisés comme ayant voté.
* Il est discuté des Six Jours qui doivent se dérouler en Tchécoslovaquie. Le Comte Lurani annonce que la ville de San Remo a offert un Trophée qui remplace celui disparu lors des derniers Six Jours à Salzbourg, en 1939…
* La Hongrie est réadmise par l’entremise du Koztarsasagi Magyar Automobilclub. Puis on parle de Monaco. Une demande d’admission en bonne et due forme est toutefois mise en attente, les délégués n’étant pas d’accord sur le statut de cette demande. La même question se pose au sujet de la ville de Trieste (territoire libre à l’époque). Six pays sont considérés comme membres inactifs, car ne répondant pas au courrier. Il s’agit, on s’en doute, des pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) annexés par l’URSS; la Roumanie, la Grèce et le Portugal devant eux être recontactés. L’Argentine est maintenant représentée régulièrement par l’Espagne (le délégué n’est autre que Don Rodil del Valle). Les Indes néerlandaises se réorganisent ainsi que la Yougoslavie. Quant à l’Allemagne, une demande de réaffiliation est mise en attente.
* Le rôle de la commission internationale de tourisme motocycliste est difficile en ces années d’après guerre. Une révision des statuts est envisagée.
* Vient ensuite le moment des élections. Pour la présidence, c’est le Suisse Marcel Haecker qui est élu avec 13 voix sur 16, pour les années 1947, 48 et 49. Quant aux vice-présidents, sont élus MM. Ball, Groutars, Löfström, Pérouse et Rechziegel. Le Major Watling est élu trésorier et M. Loughborough est réélu secrétaire général. Le Comte Bonacossa reçoit remerciements et acclamations pour sa longue gestion et est élu président d’honneur.
* En automne, le congrès a lieu de nouveau à Paris, à l’Automobile Club de France. Le rapporteur-interprète est M. Jacques Ickx (qui, cette fois, n’est donc pas délégué belge).
* Le premier sujet de discussion est la manière de compter les votes: est-ce que les bulletins blancs doivent être considérés comme valables? Ce pourrait encourager l’obstruction et empêcher l’obtention d’un résultat. Suite à un vote, il est décidé de ne considérer que les oui et les non.
Après un long échange de vues, le retour de l’Autriche à la FICM est accepté.
La candidature de Monaco est également acceptée. Le Moto Club de Valparaiso informe pour sa part que des contacts ont été établis avec des clubs du Pérou et d’Uruguay, qui aimeraient faire partie de la FICM. Aucune demande formelle n’a cependant été reçue.
* Un autre problème concerne le développement du tourisme, qui passe par une harmonisation du carburant entre les pays, mais aussi de la représentation de la F.I.C.M. auprès des instances internationales. L’alliance internationale du tourisme est formée par la FIA et la FIT, et se pose la question de la représentation des intérêts motocyclistes au sein de cet organisme.
* Le Grand Prix de la FICM, qui a lieu à Bremgarten (Suisse), est remporté par le héros italien Omobono Tenni, au guidon d’un 500cc Guzzi. La classe 350cc est remportée par le pilote britannique Fergus Anderson (Norton) et la 250cc par un autre pilote d’avant-guerre Bruno Francisci (Guzzi). Une classe Sidecar est de nouveau introduit et remportée par Giuseppe et Paolo Cavanna avec un 600cc Guzzi muni d’un sidecar articulé (qui permet une inclinaison dans les virages). Les Six Jours Internationaux sont organisés en Tchécoslovaquie – un exploit au vu du peu de temps écoulé depuis la fin de la Guerre. Trophée et Vase sont remportés par les équipes locales. 
Dans les réunions de la CSI, les sujets sont nombreux, notamment les adaptations aux divers règlements (suppression des side-cars aux Six Jours et passage de quatre à cinq membres d’équipe, nouvelles classes de 50cc, 75cc et 100cc, turbocompresseurs mis dans une classe à part...) La réalisation du Grand Prix d’Europe de la F.I.C.M. en même temps que le Grand Prix de Suisse automobile sur le circuit de Bremgarten met en évidence les problèmes que ce type de manifestation conjointe provoque – et mènera à leur séparation totale. Les motos passent au deuxième plan, ce qui veut dire que les pilotes automobiles ayant demandé plus d’essais, ce temps est déduit des essais moto. Les protections pour les pilotes et le public ne sont pas les mêmes, les barrières de bois pour les voitures ne conviennent pas aux motos, c’est le moins qu’on puisse dire... Et pour finir, la longueur des courses était inférieure au minimum exigé par le règlement.
* «Scramble International (motocross)»: c’est la première mention du terme «motocross» dans un document FICM. Ce «scramble» international est le motocross des Nations, remporté par les Britanniques et qui a obtenu un franc succès. Il s’agit maintenant d’établir des règlements et de préparer les arrangements pour l’édition de 1948.

Photos Archives FIM - De haut en bas:
-1 Tenni, 1947
-2 Motocross des Nations, 1947
-3 Motocross des Nations, 1947

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