Les Six Jours Internationaux ont eu lieu à Erfurt en 1964. Dave Ekins, frère de Bud Ekins et membre de l’équipe américaine, se souvient:
“Les ISDT sont vraiment une manifestation internationale pour les pays qui fabriquent des motos de qualité. La grande majorité des nations n’ont pas de telles conditions et ne peuvent engager une équipe que pour le Vase d’Argent ou pour les équipes de Clubs. Cela paraît bizarre parce que les tous premiers ISDT réalisés à l’Ile de Man en 1913 ont eu une seule inscription américaine participant au guidon d’une Indian de 4 CV. C’est probablement la seule fois qu’une moto fabriquée aux Etats-Unis y a participé. Le nom du pilote était Ted Hastings. Il y a encore un ou deux aventuriers venant des USA qui prirent part aux ISDT au cours des années mais l’idée n’a pas vraiment pris jusqu’à ce que les USA n’engagent deux équipes pour le Vase d’Argent de la manifestation de 1964 à Erfurt, en Allemagne de l’Est. Cela s’est passé durant les heures sombres de la guerre froide et l’Allemagne de l’Est était un pays entièrement contrôlé par les communistes. Et, en tant qu’Américains représentant les capitalistes de l’ouest, nous étions très bien surveillés par nos hôtes. Nous pouvions le sentir dans l’air…
En plus de l’ambiance politique, les Triumph « sorties de caisse » avec lesquelles nous étions sensés courir étaient bien en dessous de la norme des machines que nous devrions utiliser. Ma TR5 était au moins 100 livres plus lourde que l’Ariel 500cc de S.H. Miller. Même en roulant dans la même minute, les différences de performance étaient étonnantes. De toute façon, Sammy m’a emmené à une médaille d’or et à la cinquième place de la classe. Pas mal pour une première fois en compétition. S.H. Miller finit 2ème dans la classe, faisant partie de l’équipe Britannique du Trophée. Il termine ferrière l’allemand « gâcheur » F. Williamovski et sa « fantastique » MZ 352cc. Lors du dernier test spécial routier j’étais en tête du premier tour, puis au début du second Cliff Coleman m’a doublé avec sa Triumph 650cc au moment où Williamovski le doublait et disparut au guidon d’une deux-temps de 350cc dont le bruit était bien différent de celui de la machine qu’il avait utilisé les cinq jours précédents.
C’est là que j’ai réalisé que la règle « la même pour tous » ne s’appliquait qu’aux pilotes visiteurs. Les équipes locales pouvaient tout manipuler largement en leur faveur. J’ai découvert plus tard que certaines personnes non engagées dans la compétition se tenaient devant des poteaux de signalisation indiquant un changement de direction afin qu’un coureur ne voie pas la flèche et perde son chemin. Puis ensuite il retrouvait sa route mais bien hors du temps imparti et incapable de récupérer le temps perdu. Il y a bien des manières de tordre les règles : c’est presque comme un jeu. Et pour un visiteur comme moi c’était démoralisant de voir tout cela se passer.
L’histoire la plus mémorable dont j’ai été le témoin à Erfurt s’est passée le soir précédant le premier jour de course. Environ 300 participants étaient assis dans une salle à manger géante regardant le plat de nourriture qui venait de leur être servi : une anguille entière avec charcuterie. Bon, je ne mange pas quelque chose qui est encore en train de me regarder ! Il y avait environ dix Américains assis à la table ; Steve McQueen a demandé au serveur où se trouvait la table où mangeaient les membres du Jury. Les équipes américaines, britannique et suédoise ont quitté la salle du dîner et sont allés à l’Erfurt Hof pour un dîner plus savoureux. Les sponsors est-allemands ont changé le menu pour le reste de la compétition. »
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Voyage en Allemagne de l’Est en 1964 (I)
