Q. A l’instar des récentes décisions prises en MotoGP et en Superbike, la FIM a-t-elle pris des dispositions particulières pour faire face à la crise ?
R. La FIM a commencé une remise en question pour optimiser son fonctionnement et anticiper la crise en mettant en place, il y a 18 mois un Plan Stratégique. Nous espérons ainsi pouvoir traverser la crise qui s’est abattue sur l’économie mondiale et qui touche aussi le monde du sport. Pour répondre concrètement à la question, nous avons par exemple demandé aux différentes commissions, de réduire leurs budgets de 15% minimum, de rationaliser les dépenses et aussi de faire des économies sur les frais de déplacements. Nous avons également décidé de remettre certains projets à plus tard, quand la situation économique le permettra.
Q. Comment pensez-vous que la FIM et les Fédérations nationales vont être affectées ?
R. Le facteur le plus pénalisant dans notre bilan 2008 est celui de la fluctuation monétaire en particulier le dollar US qui a largement dépassé nos prévisions.
Malheureusement, la crise touche l’ensemble des manufacturiers et des sponsors qui réduisent leurs investissements dans le sport motocycliste ce qui pourrait indirectement impacter la FIM. Concernant les affiliés, la pénurie de sponsors pourrait amener des coureurs à réduire leur participation sur certaines courses. Nous dépendons tous plus ou moins les uns des autres.
Q. A la veille de la saison quelles sont vos perspectives ?
R. Je suis optimiste, tous les intervenants ont pris les mesures nécessaires pour garantir l’intégrité des championnats et elles ont été prises de manière concertée. Mon objectif prioritaire est de rester en contact quotidien et permanent avec les promoteurs, les manufacturiers et l’ensemble des protagonistes de notre sport. Rester à l’écoute pour trouver ensemble des solutions aux problèmes qui se présentent.
Q. Quels déplacements avez-vous prévus de faire ?
R. Mon objectif est de pouvoir me rendre sur l’ensemble des disciplines, d’aller à la rencontre des fédérations, des officiels, des promoteurs, des manufacturiers, des équipes et des spectateurs. Il est important pour moi de voir ce qu’il se passe sur le terrain sur l’ensemble des championnats FIM.
D’autres déplacements seront liés à mes fonctions de Président, comme notamment des réunions avec l’Industrie, en Europe ou en Asie.
Q. Lors du dernier congrès de Durban le nouveau code antidopage de l’AMA a été ratifié. Quels sont les changements ?
R. Le sport moto doit être contrôlé comme le sont tous les autres sports. En motocyclisme, nous sommes potentiellement confrontés à un double problème en matière de dopage. Celui de la machine et celui du pilote. Nous devons être très vigilants sur les deux aspects. Pour ce qui est du pilote, les contrôles hors compétition vont être plus nombreux dès cette année, il faut savoir que les pilotes eux-mêmes, comme les sponsors, les réclament aussi, ils valorisent leurs performances et garantissent que le sport motocycliste est un sport propre.
Q. Que pensez-vous du site FIM-live.com et de l’évolution de la Communication à la FIM?
R. Notre ancien site avait besoin d’une cure de rajeunissement !
Plus sérieusement, il est important pour la FIM de faire évoluer sa communication, pour être en phase avec la technologie et gagner en réactivité. Nous souhaitons attirer une audience plus large pour promouvoir tous les championnats FIM et transmettre notre passion. Le monde de la moto évolue, il y a un potentiel énorme et de belles perspectives d’avenir à travers le monde et en particulier dans les pays émergents, alors gardons notre enthousiasme pour aller de l’avant ensemble!
Q. Pour terminer, que pensez-vous des énergies alternatives appliquées à la moto et au sport motocycliste ?
R. La FIM a la volonté d’investir dans ce domaine qui évolue très vite. Depuis environ un an et demi, nous avons mis en place un groupe de travail sur les énergies alternatives présidé par notre vice-président américain. Lors de la dernière conférence annuelle de la FIM, nous avons exposé des motos électriques Qantya et KTM dont un nouveau prototype SuperMoto de la marque Suisse Qantya. Nous soutiendrons également la première manifestation compétition « carbon free » dénommée TTXGP le 12 juin prochain à l’Isle de Man. L’avenir du sport dépend de notre capacité et de celle des constructeurs à innover rapidement. Nous sommes convaincus que très prochainement des Championnats du Monde moto seront accessibles à des machines non polluantes sur le plan des émissions gazeuses et sonores.
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Vito Ippolito, Président de la FIM répond en exclusivité aux questions de FIM-LIVE.COM
