Le public de Jerez sera acquis à sa cause, mais les records ne vont pas s’arrêter là. Voici l’état des lieux alors que le MotoGP revient en Europe.
Après un week-end de tous les records outre-Atlantique à Austin, Bezzecchi et Aprilia Racing débarquent sur le sol espagnol en position de force au sommet du MotoGP. Cinq victoires consécutives. 121 tours menés d’affilée. Une domination sans partage. Le duo italien a été, le dimanche du moins, irrésistible jusqu’à présent en 2026, et « Bez » cherchera à prolonger cette série en terrain ennemi. Et le samedi ? Lisez la suite…
Pourquoi en terrain ennemi ? Bezzecchi est un vainqueur populaire, mais les quelque 100 000 fidèles espagnols encourageront les leurs, et l’un d’entre eux porte les mêmes couleurs que Bezzecchi. Le retour en forme de Jorge Martin est l’une des histoires marquantes de la saison et, après avoir décroché une médaille d’or en Tissot Sprint couplée à un nouveau podium le dimanche au Texas, le champion du monde 2024 arrive à Jerez en pleine confiance. Bezzecchi a peut-être remporté les trois Grands Prix de la saison, mais le n°89 n’a que quatre points de retard au championnat. La bataille interne entre les stars de l’usine Aprilia est prête à s’enflammer à nouveau en Andalousie, et ce sont ces deux-là qui arriveront dans la cathédrale du MotoGP espagnol avec une cible dans le dos.
Dans le clan américain d’Aprilia, la déception était de mise dimanche après-midi pour Ai Ogura (Trackhouse MotoGP Team) également. Ce premier podium en MotoGP semblait à portée de main pour le pilote japonais avant qu’un problème technique ne survienne ; le champion du monde Moto2 2024 visera donc à afficher la même vitesse à Jerez. De l’autre côté du box, Raul Fernandez partira en quête d’un retour sur le podium sur ses terres après un week-end à COTA discret mais régulier.
CHEF DE FILE DES POURSUIVANTS : Acosta et KTM
Le Brésil n’a peut-être pas rapporté de points mémorables, mais Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing) a retrouvé son meilleur niveau à Austin. Certes, l’attente d’une victoire le dimanche se prolonge, mais Acosta a été le meilleur des autres dimanche derrière les Aprilia, et le n°37 aurait fêté un double podium sans une pénalité de pression de pneus après le Sprint. 21 points le séparent de Bezzecchi, et un premier podium dominical en MotoGP à Jerez sera ardemment convoité.
Le point positif de la pénalité d’Acosta pour KTM ? Enea Bastianini (Red Bull KTM Tech3) a été promu à la médaille de bronze. « The Beast » était à l’affût d’un podium à Austin : pourra-t-il confirmer cette forme à Jerez ? Brad Binder (Red Bull KTM Factory Racing), de son côté, a terminé 12e aux États-Unis ; le Sud-Africain espère donc que le retour en Europe marquera un tournant pour le ramener vers les avant-postes. Malheureusement, nous savons désormais que Maverick Viñales (Red Bull KTM Tech3) ne sera pas encore de la partie, Le Mans étant son nouvel objectif après avoir été écarté à Austin à cause d’une vis desserrée suite à sa blessure à l’épaule de 2025. Tech3 n’alignera que Bastianini, une blessure à la main ayant également immobilisé le remplaçant Pol Espargaro.
EN QUÊTE D’UNE RÉPONSE : Marc Marquez et Ducati
Les parieurs n’auraient pas donné cher de voir Marc Marquez (Ducati Lenovo Team) arriver à son Grand Prix national avec deux médailles en Tissot Sprint mais aucun podium le dimanche. C’est pourtant la situation du n°93. 36 points de retard sur Bezzecchi avant la quatrième manche : après un GP des États-Unis mouvementé, le septuple champion du monde MotoGP vise une première victoire dominicale en 2026. La dernière victoire de Marc Marquez au GP d’Espagne remonte à 2019 : lui et Ducati pourront-ils inverser la tendance et lancer véritablement la défense de son titre ?
L’heure n’est pas non plus à la fête de l’autre côté du box rouge. Malgré une médaille d’argent le samedi aux USA, Francesco Bagnaia (Ducati Lenovo Team) a souffert lors du Grand Prix dominical, reléguant l’Italien au 9e rang du classement avant de rejoindre un circuit où il s’est imposé en 2022, 2023 et 2024. Un quadruplé serait un exploit. Le podium sera l’objectif.
En tête de la flotte Ducati à Jerez se trouve Fabio Di Giannantonio, du Pertamina Enduro VR46 Racing Team. L’auteur de deux pole positions consécutives n’a pas fini au-delà du top six le dimanche cette saison et a terminé meilleur pilote Ducati lors des deux derniers Grands Prix. Maintenir ce rythme sera ardu à Jerez face à la maestria de Marc Marquez, au passif de Bagnaia et à Alex Marquez (BK8 Gresini Racing MotoGP), vainqueur sur ce circuit l’an dernier, mais ce ne serait pas une surprise non plus. « Diggia » est sur une excellente lancée.
Le susnommé Alex Marquez occupe la 8e place du classement avant de revenir sur les lieux de sa victoire de rêve pour ses débuts en MotoGP. Sans aucun top trois en Sprint ou en GP jusqu’à présent en 2026, le n°73 cherche un second souffle en Espagne, tout comme Franco Morbidelli (Pertamina Enduro VR46 Racing Team) après sa 14e place à Austin.
La pause de trois semaines est tombée à pic pour certains, dont Fermin Aldeguer (BK8 Gresini Racing MotoGP). Une 8e place au Brésil et une 11e à Austin marquent un retour très solide pour le « Rookie de l’année » 2025 ; Aldeguer arrivera à son Grand Prix national plus affûté que jamais alors qu’il poursuit sa convalescence après une fracture du fémur subie cet hiver.
DÉBUTS PROMETTEURS… MAIS LE HRC EN VEUT PLUS
Un podium en Sprint a échappé de peu à Joan Mir (Honda HRC Castrol) à Austin, tout comme une belle moisson de points le dimanche. Finalement, ce fut un week-end blanc pour le champion du monde 2020. Son coéquipier Luca Marini a en revanche empoché de précieux points pour le HRC, notamment avec une 5e place en Tissot Sprint, montrant des progrès visibles avant le début de la tournée européenne. Johann Zarco (Castrol Honda LCR) a également scoré en Sprint à Austin avant son abandon le dimanche, tandis que le rookie Diogo Moreira (Pro Honda LCR) a obtenu une troisième 13e place consécutive, poursuivant sa série de 100 % de points le dimanche. Un défi différent attend le HRC à Jerez, avec l’espoir de revenir dans l’équation pour le podium.
ON S’Y REMET : le travail acharné continue chez Yamaha
Le point positif d’Austin ? Toprak Razgatlioglu (Prima Pramac Yamaha MotoGP) a ouvert son compteur en MotoGP. Une 15e place n’est pas l’objectif du talentueux Turc ou de Yamaha, mais c’est une étape franchie alors qu’ils continuent de dompter la YZR-M1 à moteur V4 pour la rendre plus compétitive.
Pourtant, la compétitivité est exactement ce qu’affichait Fabio Quartararo (Monster Energy Yamaha MotoGP) lors du GP d’Espagne l’an dernier. Le poleman et deuxième du Grand Prix au Circuit de Jerez-Angel Nieto en 2025 signerait immédiatement pour un tel résultat cette fois-ci. Qui sait ? Sur un circuit qui lui sied à merveille, la magie pourrait opérer. « El Diablo », Alex Rins (Monster Energy Yamaha MotoGP), sur le podium à Jerez en 2019, et Jack Miller (Prima Pramac Yamaha MotoGP), vainqueur ici en 2021, n’ont pas marqué de points au COTA ; ce trio d’expérience se battra pour inverser la tendance en Espagne.
Terrain ennemi pour les uns, jardin secret pour les autres, Jerez reste un classique absolu pour nous tous. Les collines vibreront au son du MotoGP pour le retour de la discipline dans l’un de ses lieux les plus emblématiques. Attachez vos ceintures pour ce week-end, l’attente en valait la peine.
