Lauréate du titre Moto Women lors de l’édition inaugurale de la Coupe du Monde de Courses sur Sable de la FIM en 2023, Mathilde Denis (Yamaha) bénéficiera de l’avantage du terrain pour la sixième et ultime manche de la série 2025 — l’Enduropale du Touquet Pas-de-Calais — qui se déroulera ce week-end (13-15 février) sur le littoral froid et exposé du nord de la France.
L’instructrice de pilotage moto de trente ans, qui réside actuellement à Calais, à soixante-dix kilomètres du Touquet, prendra le départ de cette cinquantième édition historique de la course mythique — qui avait également lancé la série il y a douze mois — avec seulement sept points de retard sur la Belge Amandine Verstappen, tenante du titre et double championne.
« Ce sera difficile de gagner le championnat », admet Denis, « mais je suis heureuse d’arriver au Touquet avec seulement sept points de retard, donc je pense que c’est encore possible. Je n’ai pas forcément de tactique, je vais simplement donner tout ce que j’ai et nous verrons le résultat à la fin. »
Ayant débuté la compétition moto relativement tard, Denis avait douze ans lorsqu’elle a reçu une Yamaha YZ85 de motocross et — malgré l’absence de tradition familiale dans ce sport — elle a rapidement montré des aptitudes naturelles, remportant le premier de ses quatre titres nationaux de MX en 2014, l’année même où elle a fait ses débuts dans le Championnat du Monde de Motocross Féminin de la FIM (WMX).
Alors qu’elle gravissait régulièrement les échelons du WMX pour intégrer le top 15 en 2019, la pandémie a marqué un tournant décisif pour Denis.
« Je progressais énormément et j’avais obtenu mon premier top 10 en WMX [mais] le Covid a tout perturbé. En 2022, j’ai décidé de participer au WMX européen et j’ai terminé sixième du championnat avec un podium sur une épreuve. Je pensais retourner en Grands Prix après cela, mais je m’étais aussi tournée vers les courses sur sable durant cette période et il était donc difficile de tout mener de front. »
Forte de deux couronnes nationales en courses sur sable ajoutées à son titre Moto Women 2023, Denis a clairement trouvé une discipline — qui allie vitesse, technicité et une condition physique superbe — qui lui convient, bien que ses fans puissent être surpris d’apprendre qu’elle n’a pas le sentiment d’exceller sur le sable.
« Ce n’est pas forcément la surface sur laquelle je suis la meilleure, mais quand j’ai fait ma première saison en 2022, j’ai tout gagné, alors j’ai décidé de continuer. En vivant à Calais, je suis aussi à trente minutes de Loon-Plage — le circuit le plus prisé pour l’entraînement sur sable en France — ce qui est également pratique. »
Considérée comme l’une des disciplines les plus exigeantes du sport motocycliste, elle impose aux concurrents de courir à des vitesses élevées pendant près de trois heures consécutives ; Denis et ses consœurs doivent s’y battre à armes égales avec leurs homologues masculins dans ce qui devient un sport parfaitement paritaire une fois la course lancée.
« Ce n’est pas facile, car dans les courses sur sable, la condition physique est encore plus importante qu’en motocross, donc les écarts entre les meilleurs pilotes hommes et les meilleures femmes sont plus grands. Pourtant, quand on regarde le classement final, nous sommes toujours en assez bonne position. Les courses sur sable, c’est un peu comme partir à la guerre ! »
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