À la veille du Grand Prix Acerbis d’Italie, nous nous sommes entretenus avec Simone ALBERGONI (I – KTM). Sur le circuit mondial depuis 2000, le pilote le plus expérimenté du paddock est revenu sur sa riche carrière, sa saison, ainsi que l’évolution de l’Enduro. Impressions. Bonjour Simone, quel bilan tirez-vous de votre saison dans la catégorie la plus homogène (E3) ?
Je me suis entrainé très dur l’hiver dernier et je pensais réellement être plus rapide que cela lors des premiers Grand Prix. En revenant de la tournée Ibérique, j’étais complètement démotivé et j’ai donc du faire face à une période assez difficile sur le plan mental. Désormais, tout est redevenu normal étant donné que mes résultats s’améliorent. Ma moto me va désormais très bien et je prends beaucoup de plaisir avec. Après le Grand Prix de Finlande, nous avons réduit la puissance moteur ce qui m’a permis d’être bien plus rapide sur certaines spéciales en Suède. » Quelques mots sur votre team, le Marquis Motorace, qui est tout nouveau sur l’EWC…
S.A : « Marquis est le sponsor principal de notre team qui est managé par Giancarlo COMOTTI. De plus, les membres de l’équipe sont de bons amis. Et les quartiers généraux du team sont situés à 10 minutes de chez moi donc c’est une situation parfaite pour tester et développer la moto. » Que représente pour vous le prochain Grand Prix d’Italie ?
S.A : « Je suis vraiment attaché à Lumezzane, j’y ai couru de nombreuses fois et j’adore les spéciales, le type de terrain et l’énergie des spectateurs. C’est toujours très particulier de participer à un Grand Prix « à la maison » et je suis convaincu que je peux encore progresser et aller chercher un bon résultat ici. » Est-ce qu’un podium est possible à Lumezzane ?
S.A : « Oui ! J’espère vraiment accrocher un podium. J’en ai besoin de cela afin de dire que je n’ai pas complètement raté ma saison ! » C’est votre quinzième année sur le Championnat du Monde d’Enduro et vous êtes le pilote le plus expérimenté du paddock. Que pensez-vous de l’évolution de l’Enduro sur ces 15 dernières années ?
S.A : « L’Enduro moderne a énormément changé. Jusqu’à l’an dernier, c’était beaucoup trop typé « Motocross ». Mais cette année, j’apprécie tout particulièrement l’arrivée d’Xtreme Tests naturelles mais il manque encore de vrais Enduro Tests très techniques dans certains Grand Prix… » De nombreux pilotes ont avoué que la tournée Scandinave avait été très éprouvante. Qu’en pensez-vous ? Etait-ce aussi difficile qu’il y a sept-huit ans ?
S.A : « Oui, les Grand Prix Scandinaves sont particulièrement difficiles, mais, je me souviens qu’il y a 10 ans de cela, il n’y avait aucune partie bitumée dans les liaisons… Cette année en Finlande, nous avions la moitié des transferts entre les spéciales qui étaient sur la route. Je pense sincèrement que le pilotes ne devraient pas se plaindre ainsi de la difficulté des épreuves. Et ce même si, je suis totalement d’accord avec le fait que, désormais, le show se passe principalement dans les spéciales. » Une rumeur dit que ce pourrait être votre dernière saison sur l’EWC… Info ou Intox ?
S.A : « Non, je ne pense pas. J’adore toujours autant rouler donc je pense qu’avec de bonnes dispositions morales, je peux toujours être performant sur l’EWC. J’ai toujours autant d’enthousiasme à l’entrainement donc je pense que ce serait un peu prématuré d’arrêter maintenant. » Vous avez fait vos débuts en rallye fin Juin. Allez vous vous diriger vers cette discipline ou allez vous vous diriger vers quelque chose de totalement différent ?
S.A : « C’était simplement un test, j’étais vraiment curieux d’essayer. J’ai eu beaucoup de plaisir et nous verrons pour le futur… Cela pourrait être une opportunité. J’ai aussi quelques projets de formation de jeunes pilotes, mais rien n’est encore très clair ! » Avez-vous des regrets lorsque vous jetez un regard sur votre longue carrière ?
S.A : « Non, je n’ai vraiment aucun regret. J’ai accroché six fois le podium sur le Championnat du Monde et je me suis toujours donné à 100%. Peut-être que j’aurai pu faire plus en 2006 dans mon duel face à Ivan CERVANTES, mais les regrets n’apportent rien donc je suis plutôt satisfait du déroulement de ma carrière. » Même question au sujet des motos…
S.A : « J’ai le même sentiment pour les motos. De nos jours, chacune d’elle est exceptionnelle c’est donc au pilote d’exploiter du mieux possible les meilleures caractéristiques de chaque moto et d’adapter son style de pilotage. » Quel aura été votre plus grand rival sur l’EWC ?
S.A : « J’ai d’abord dû faire face à MERRIMAN qui était vraiment un ton voir deux au dessus. Pareil pour SALMINEN en 2007. C’était deux maîtres de la discipline. J’ai connu certainement les plus belles et plaisantes batailles de chronos avec CERVANTES en 2006. C’était vraiment cool, et ça aurait pu l’être encore plus si j’avais pu gagner quelques journées de plus… » Pour finir, quel Grand Prix vous ne pourrez jamais oublier…
S.A : « Cette liste est vraiment très longue étant donné que je participe au Championnat du Monde depuis 2000, donc j’ai énormément de bons souvenirs. Bien sûr entre tous, les premières saisons avec des journées interminables se distinguent tout particulièrement tout comme les premiers podiums et bien sûr les victoires même si je n’en compte que dix. L’Enduro a été ma vie pendant 15 ans donc ce serait réducteur d’en choisir un en particulier mais si vous me forcez à le faire… Je dirais ma première victoire en 2001 en Suède dans une catégorie 125cc très relevé et à seulement 19 ans. "
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"Les pilotes ne devraient pas se plaindre"
