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Interview: Carmelo Ezpeleta, CEO de Dorna


Le mercredi 29 avril, le directeur général de Dorna Sports, Carmelo Ezpeleta, a répondu à une interview de www.motogp.com concernant la suite de la saison 2020.

"Aujourd'hui, nous avons annoncé l'annulation de trois Grands Prix, Allemagne, Assen et Finlande", a-t-il rappelé en préambule. "La raison est que nous souhaitons débuter en juillet, mais il sera, au vu de la situation et de la position des autorités, difficile d'accueillir du public, alors ces Grands Prix à huis clos seront difficiles à organiser. C'est pour cette raison que nous avons décidé, avec les trois promoteurs locaux, de passer directement à l'année prochaine au lieu de fixer à une nouvelle date".

Question : ce sera la première fois (depuis le début du Championnat du Monde FIM en 1949) qu'Assen ne sera pas au calendrier...
Réponse : 
c'est comme ça. Une telle crise, c'est du jamais vu et donc, malheureusement, c'est ainsi. Les autorités néerlandaises ont interdit les grands événements jusqu'à la fin du mois d'août et organiser un GP est donc totalement impossible. Après, à Assen, il sera difficile d'organiser le Grand Prix et ce sera encore plus difficile à huis clos.

La Formule 1 a annoncé son calendrier. Quelle allure pourrait avoir le calendrier MotoGP ? L'idée, pour nous, c'est de débuter fin juillet. Où et quand, cela reste à déterminer. Ce dont on est sûr, c'est que ça va commencer en Europe fin juillet et que ça durera jusqu'en novembre sur ce continent. On verra si des courses non européennes sont possibles après novembre. Dans le pire des cas, s'il n'est pas possible de quitter l'Europe, nous resterons sur un Championnat d'au moins 10 à 12 courses entre fin juillet et fin novembre.

Bridgepoint a acquis 10 000 tests pour le coronavirus. Qu'en pensez-vous ?
Nous travaillons uniquement sur les 10 000 tests de coronavirus convenus avec Bridgepoint. Ensuite, nous allons essayer de mettre au point une procédure. Nous y travaillons actuellement au sein de DORNA pour voir comment des courses pourraient avoir lieu à huis clos et avec un nombre limité de personnes travaillant dans le paddock, ce qui modifiera l'équation du transport, de l'hébergement et des hospitalités. Ensuite, tout le monde sera testé avant de quitter son domicile puis testé à son arrivée sur le circuit et à son retour. Voilà l'idée. Nous travaillons avec une autre société appartenant à Bridgepoint pour acquérir ces 10 000 tests.

Peut-on envisager plusieurs courses sur un même circuit ?
C'est une possibilité. Faire – peut-être sur des week-ends différents – deux GP consécutifs sur le même circuit.

Quelle est la teneur des échanges avec les pilotes, les équipes et les constructeurs ?
Nous avons des contacts réguliers. Il y a deux semaines, nous avons eu une réunion avec tous les constructeurs et nous avons pris des décisions sur les règlements techniques pour 2020 et 2021 pour les trois catégories. Ensuite, je parle régulièrement avec tout le monde de nos projets pour le court terme. Voilà ce que nous faisons. Certains pilotes m'appellent et je suis heureux de débattre avec eux de la situation. Je dois dire que tout le monde est en bonne santé et a hâte de courir. Ils comprennent que la situation est spéciale et tout le monde a hâte de commencer, pour peu que ce soit en toute sécurité.

Dans le premier projet de calendrier, nous nous déplaçons en voiture, mais je pense que d'ici juillet il sera possible de voyager en avion à nouveau, en Europe.

Quel message aimeriez-vous faire passer aux passionnés de moto ?
L'objectif n°1 est de maintenir nos chiffres fantastiques sur l'intérêt pour le MotoGP dans le monde. Malheureusement, cette année, il semble que cela n'augmentera pas pendant la saison. Il sera difficile d'avoir des spectateurs aux courses, mais nous aurons notre super couverture télévisée qui permettra à la majorité des gens de suivre les courses.

Après plusieurs mois sans courses motos, l'attente sera élevée et beaucoup de gens seront curieux.

Mon message est que nous reviendrons à coup sûr et que nous reviendrons plus forts de cette crise. Nous ne travaillons pas uniquement sur 2020, mais aussi sur 2021 et au-delà et nous essayons de maintenir les courses, ce qui est le plus important.

Combien de personnes seront présentes dans le paddock ? Comment mettre en œuvre cette réduction des effectifs ?
Nous avons discuté avec les équipes et sommes parvenus à un consensus sur le fait que le nombre maximum pour une équipe d'usine MotoGP sera de 40 personnes, pour les équipes satellites ou indépendantes de 25, 20 pour le Moto2 et 15 pour Moto3. Ensuite, il y aura, bien sûr, toutes les personnes qui produisent le signal TV, puis le nombre minimum de personnes de Dorna qui sont en charge de l'organisation. Cela nous donnera en moyenne d'environ 1600 personnes.  Malheureusement pour le moment, il n'y aura ni médias, ni diffuseurs. Peut-être que certains photographes fourniront des images à tout le monde.

Qu'en est-il concernant le WorldSBK?
Avec le Superbike, nous sommes dans la même situation. Nous travaillons. L'idée est que de nombreux circuits MotoGP puissent aussi accueillir le Superbike. Nous pourrons peut-être organiser une course de Superbike le week-end suivant le MotoGP. C'est quelque chose que nous étudions avec les personnes du Superbike pour élaborer le meilleur calendrier, mais c'est aussi une priorité pour nous d'avoir des courses de Superbike.

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