On en apprend tous les jours lorsque l'on essaie de battre des records de vitesse. On apprend surtout que la patience et la persévérance sont souvent récompensées. Dernier exemple en date, en Bolivie en 2017 avec Ralph Hudson. Après avoir bataillé pendant presque une semaine avec des soucis techniques, Hudson a réussi deux essais lors de la dernière journée pour battre le record du FIM dans la catégorie motocycles Assis avec 457,635 km/h.Un grand nombre des soucis que Hudson rencontrés est venu du fait qu'il roulait sur le site du Salar de Uyuni, à 3600 m d'altitude. Sa Suzuki GSX-R1000 turbo n'a pas vraiment aimé la faible pression atmosphérique. C'est donc riche de cette expérience que le recordman effectue son retour cette année dans l'espoir d'améliorer sa meilleure marque.
Son objectif : casser la barrière les 300 miles par heure (483 km/h). Il compte pour cela sur l'émulation saine fournie par la concurrence d'Al Lamb en Bolivie.
Qui est Ralph Hudson ?
Ville : Glendale, Californie
Moto : Suzuki GSX-R1000 Turbo, (partiellement carénée)
Record actuel FIM : 457,635 km/h (2017)
FIM : malgré votre succès pour battre le record en 2017, vous avez rencontré beaucoup de soucis de sous-alimentation et de surchauffe. Qu’est-ce que vous avez changé pour cette année ?
Ralph Hudson : J’ai connu des moments difficiles lors de ce premier voyage. Beaucoup de choses ne sont pas allées comme je le souhaitais. Aujourd’hui, je pense que la moto et mieux préparée. À mon retour, j’ai constaté que l’échappement était fendu. Alors je pense que cela va faire une grande différence dans la performance du turbo cette année. J’ai été vraiment déçu de ne pas pouvoir bénéficier d’une alimentation plus généreuse. Mais lorsque vous êtes là-bas, vous ne pouvez pas faire grand-chose.
Lorsque l’on a examiné les données, on a trouvé d’autres problèmes. L’admission – beaucoup d’air de l’intérieur du carénage. L’air n’est déjà pas très dense là-bas. J’ai donc revu cette partie de la moto de manière à apporter davantage d’air frais vers le turbo.
Et qu’avez-vous fait concernant la surchauffe ?
Oui, c’est l’un des problèmes que nous avons rencontrés. La moto surchauffait entre le stand et la ligne de départ (environ 5 km). C’est encore un souci de densité de l’air. Mais je ne le savais pas. Je ne suis pas un physicien. D’un autre côté, Mike Cook était très impatient et me demander si je pouvais courir. Cette année, j’ai construit une remorque pour porter la moto jusqu’à la ligne de départ. J’ai apporté également un groupe électrogène avec un ventilateur pour pouvoir refroidir le moteur entre les essais plus rapidement.
Après avoir battu votre record FIM, l’année dernière, vous avez été invité à assister au FIM Gala, à Andorre, aux côtés des pilotes tels que Marc Marquez ou Ryan Dungey. Vous avez souligné que vous étiez le seul champion ayant construit lui-même sa moto de course…
Je pense que c’est une satisfaction extrême de construire l’équipement avec lequel vous rencontrez du succès. Vous voyez les deux côtés de la chose. Aujourd’hui, les gens sont très spécialisés et peu d’entre eux ont de grandes connaissances en mécanique. Simplement parce qu’ils n’ont jamais l’occasion d’apprendre comment fabriquer ce matériel. Depuis que je suis tout petit, j’adore démonter les moteurs et j’adore essayer de les rendre plus performants. Mais je dois dire que c’était plus facile jadis, dans les années 70. Aujourd’hui, vous avez davantage de risques d’endommager le moteur que de l’améliorer.
Pouvez-vous nous donner quelques informations sur la conception de votre moto ?
J’ai été en partie inspiré par la marque allemande NSU, je pense que c’est une marque est-allemande. Ils sont arrivés en 1957 ou 1958 à Bonneville et ils ont été rapides avec de tout petits moteurs. Lorsque j’étais petit, je rêvais toujours d’aller à Bonneville. Je regardais les photos, cela ressemblait à de petits avions sans ailes dont on voyait sortir le pied du pilote. Aujourd’hui, le règlement ne permet plus cela. Il fait en sorte que l’on voit le pilote dans sa totalité.
Mais même avec ce règlement, j’ai commencé, en 1975, à penser à construire un aileron. Et j’ai trimbalé cette idée pendant 30 ans. Je ne compte plus les nappes restaurants sur lesquelles j’ai fait mes petits schémas. Aujourd’hui, je suis arrivé au point où je souhaitais. Je vais être celui qui va tester et non celui qui va concevoir.
Il y a aujourd’hui de nombreux sites qui se prêtent aux records de vitesse FIM. Pourquoi avoir choisi la Bolivie ?
Les lacs salés sont vraiment bons en Bolivie. Il y a l’Australie, je comprends, mais il y a le risque de pluie. J’ai entendu dire que cela avait été le cas récemment. Je suis agnostique. J’ai peut-être un jour là-bas aussi. Lorsque vous regardez la météo en Bolivie, il n’y a pas une goutte de pluie. En tout cas pas à cette période de l’année. C’est clair que l’altitude constitue un défi, mais le sel est tout simplement incroyable. Il est totalement sec et fournit un excellent rendement.
Texte et photos Jean Turner, pour la FIM
