1965: La guerre est déclarée
* Durant l’automne 1964, le président Nortier a été informé par M. Lenfranc qu’un certain nombre de fédérations ont contacté M. Cuguero et se sont plaintes que des choses n’allaient plus dans l’administration de la FIM. En résumé, il s’avère que toutes les accusations qui pesaient sur le secrétaire général visaient une seul cible, le président lui-même : « M. Cuguero dit qu’on a le sentiment très net que la façon de faire de la FIM n’est pas ce qu’elle devrait être et qu’on pourrait y remédier en changeant de président. Il y a un certain nombre de FMN qui souhaitent que la candidature de M. Rodil soit posée. (…) Il ne peut s’empêcher de penser que s’il pose la candidature de M. Rodil à la présidence, cela donnerait au conseil général l’occasion de faire savoir s’il est content ou non de la direction présente.»
* Il est évident que les délégués arrivent à Moscou dans une ambiance altérée. Des rumeurs de toutes sortes circulent et bien des délégués sont totalement confondus dans leurs pensées et ne savent plus pour qui voter. Les séances ont lieu du 17 au 22 mai. Les réunions ont lieu au Palais des syndicats soviétiques, où reposait Lénine avant d’être transféré au mausolée sur la Place Rouge.
* Une page de l’histoire de la FIM s’est tournée. Très tôt dans la journée de Noël de 1964, le secrétaire général «emeritus» Major Thomas Wynn Loughborough est décédé dans un hôpital en Angleterre. M. Anstice et le Major Goode, son successeur à la FIM (en pleine tourmente), ont assisté à ses funérailles. Pour ceux qui l’ont connu personnellement et connaissent son passé, il sera toujours le père de la FIM. TWL a été au service de la fédération de 1912 à 1958 et était âgé de plus de 80 ans lorsqu’il a pris sa retraite. Pour le président Nortier, comme pour beaucoup de délégués, sans lui, la FIM n’aurait pas existé.
* Le point suivant à l’ordre du jour est l’élection du président. M. Nortier passe la parole à maître Zurn, délégué du Luxembourg et juriste. Il est clair que le sujet a été longuement discuté pendant les réunions du bureau central précédant le conseil général. La FIM est divisée et deux candidats s’affrontent, ce qui pourrait provoquer une fracture. Finalement, une proposition d’ajourner l’élection présidentielle au congrès d’automne (ce qui n’était pas prévu dans les statuts) est mise au vote et adoptée avec 31 voix pour et une seul contre (M. Lechner de Monaco).
* Le «Central Motor Club of the People’s Republic of Mongolia» a demandé son admission au sein de la FIM, qui est acceptée par le conseil. Le Brésil et le Venezuela, dont on est sans nouvelles depuis plusieurs années malgré de nombreuses tentatives de contact, sont exclus.
* A la commission sportive, on adopte le titre «Trophée mondial de la FIM» aux Six jours (à la place de trophée international). Sur proposition de M. Kedrov, on prévoit des récompenses pour les membres des équipes classées en première, deuxième et troisième positions (jusqu’alors, les récompenses étaient fournies uniquement par l’organisateur). M. Gullberg présente la candidature de la Suède pour l’organisation des Six jours en 1966 et demande une réponse immédiate, afin d’obtenir le soutien du gouvernement. La raison? En 1967, il est prévu de changer de code de la route afin de conduire à droite et non plus à gauche.
* M. Boensch fait un rapport sur le GP des Etats-Unis à Daytona. Alors qu’il y a entre 12 et 15 pilotes au départ de chaque classe du GP, les courses organisées par l’AMA comptent jusqu’à 130 partants. Mais l’AMA n’a pas laissé ses coureurs participer au GP et ne veut pas coopérer avec MICUS. S’ensuit une longue discussion dont la conclusion est que, tôt ou tard, il faudra que l’AMA s’affilie à la FIM.
* Comme un certain nombre de délégués doutaient de la légalité de la prolongation du mandat du président, le secrétaire général consulte un juriste suisse – la FIM ayant son siège à Genève, est soumise au droit suisse. Ce juriste a constaté que la fédération est dirigée par ses propres statuts, selon le code civil suisse. Le renvoi des élections est donc illégal et contraire aux statuts, car le conseil général n’a aucun droit d’agir en contradiction avec ses propres règles. Mais comme le code civil suisse stipule que toute partie intéressée doit recourir auprès des tribunaux suisses contre toute action illégale dans les 30 jours et que personne ne l’a fait, la décision du conseil général est maintenant valable.
* Durant le congrès de Moscou, M. Rodil s’était engagé à ne pas se représenter comme candidat contre M. Nortier. Par la suite, le Comte Lurani a été invité à se présenter par un certain nombre de FMN; en apprenant cela, M. Nortier a retiré sa candidature. Entre temps, la RFME, «en toute bonne foi», a présenté le nom de M. Rodil. Ce dernier étant à ce moment-là absent de Madrid et très occupé par ses affaires personnelles, «n’était pas au courant que son nom avait été avancé», jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour se retirer. Cependant, dès l’instant où M. Nortier n’est plus candidat, il n’y a plus de raison que M. Rodil ne se présente pas.
* Le congrès d’automne a lieu à l’Automobile Club de France, du 23 au 30 octobre (une semaine après les dates prévues, à cause du rapport du comité de conciliation). Trente-deux fédérations sont représentées, y compris celle de l’Allemagne de l’Est. Une séance du conseil général a lieu le premier après-midi, afin que le comité de conciliation puisse présenter son rapport aux délégués. Maître Zurn explique le travail accompli et le résultat est qu’aucune preuve de malhonnêteté n’a été trouvée. Pour ce que le comité a pu constater, les affaires de la FIM sont gérées avec honnêteté et intégrité.
* Le président Nortier explique qu’il se retire; cette décision a été difficile à prendre, mais il pense que c’est pour le mieux. Il ajoute que deux autres personnes, à son avis, devraient faire de même pour que la place soit nette pour une nouvelle administration: MM. Cuguero et Barambon. La FIM doit continuer, mais il ne veut plus avoir la responsabilité de président. M. Cuguero se sent obligé de répondre en essayant de justifier son rôle d’opposant à l’administration en place. Quant à Don Rodil, il se dit victime des circonstances: sa nomination a été présentée sans qu’il le sache, et il est maintenant lié par les statuts.
* La réunion suivante commence par une minute de silence pour le décès accidentel du Comte Pachta-Rayhofen (ancien membre de la CSI). Puis, vient le grand moment: le président nomme comme scrutateurs M. Lenfranc et le Colonel Tavernier, ainsi que le comptable M. Shaw, invité de Genève pour assister au congrès. Le résultat est: Don Nicolas Rodil del Valle/16 voix; Comte Giovanni Lurani Cernuschi/14 voix; bulletins blancs ou nuls/2. Le président Nortier félicite Don Rodil et l’invite à reprendre l’assemblée; Don Rodil décline l’offre, mais demande la parole. Il remercie ceux qui ont prouvé leur confiance en votant pour lui et également ceux qui ont voté pour le Comte Lurani, pour leur franchise. Il s’engage à travailler pour tous sans distinction. M. Vorster propose au conseil de nommer M. Nortier président d’honneur, pour son travail de près de 40 ans à la FIM La suggestion est acceptée par acclamations. Ajoutons que M. Cuguero a donné sa démission de vice-président et M. Barambon a annoncé son intention de démissionner du comité des Finances à la fin de 1965 (il en restera à l’intention…)
* Le secrétaire général annonce ensuite que le Venezuela a réglé sa dette et le Conseil accepte sa réadmission. M. Rodil, lors de la dernière séance du bureau, remercie les membres de leur confiance et mentionne une suggestion faite par Maître Zurn et qui avait déjà été faite auparavant par le secrétaire général: l’organisation d’un seul congrès annuel au lieu de deux.
* A la commission sportive, on décide de former une sous-commission pour étudier les moyens de limiter le nombre de manifestations de championnat du monde. L’organisation du GP des Etats-Unis à Daytona est considérée comme mauvaise; bien qu’étant reconnaissants à l’organisateur pour son continuel intérêt dans le sport moto international, les membres de la CSI sont d’avis qu’il est faux de maintenir une manifestation comme celle-ci au calendrier classique. M. Burik indique qu’il a reçu une demande de MICUS de supprimer cette manifestation du calendrier 1966. Puis, à la dernière réunion de la CSI, le Comte Lurani explique qu’il est temps d’élire un nouveau président de la commission. Lui-même n’est pas candidat; il a décidé qu’après 20 ans passés à la CSI, il est temps que quelqu’un d’autre assume les responsabilités; c’est ainsi M. Burik, Néerlandais, qui est élu.
* M. Voster, président du sous-comité permanent de courses sur pistes, explique que le moto-ball sera encouragé par la FIM dès la saison 1966. Selon les rapports, ce sport se joue en France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne de l’Ouest et URSS, ainsi qu’en Grande-Bretagne, Espagne (sic), Tchécoslovaquie, Bulgarie et Japon. La Pologne et l’Allemagne de l’Est s’efforcent de le développer. La structure existante, l’Union internationale des clubs de moto-ball continuera à organiser les compétitions, mais sous l’égide de la FIM (jusqu’à ce que la fédération elle-même prenne en charge cette organisation).
* Quant aux calendriers de motocross, on arrive finalement à une décision: ce seront 12 manifestations en 250 cc et 12 en 500cc, à partir de 1967 (pour une durée de trois ans, sujet à révision). Il est suggéré, à titre expérimental, de créer une classe de 501 cc à 1000 cc, pendant deux ans, et d’en évaluer les résultats.
1966: Un seul congrès par an
* Les 5 et 6 mars 1966, une réunion extraordinaire du bureau central est convoquée dans les bureaux de Genève. Des travaux d’extension et de modernisation de ces locaux ont été effectués grâce au fonds spécial, et les délégués apprécient – on a déjà oublié les critiques au sujet du gaspillage de l’argent…
* Sont présents à cette réunion: le président Don Nicolas Rodil del Valle, les vice-présidents Emil Vorster, Victor Anstice, le Baron Eric Von Essen, Michel Gravereaux, Oldrich Haken, Alfred Lenfranc et le Dr. Egbert von Frankenberg; le trésorier Paolo Colombo, les présidents de commissions Henry Burik (CSI), Helmut Boensch (CTI) et Henri Stienlet (CITM), ainsi que le président du comité des finances, Michel Barambon (toujours là…)
* Le président commence par la proposition de ne plus tenir qu’un seul congrès par année, proposition qui a reçu l’aval de la majorité des membres du bureau. Désormais, ce congrès aura lieu en automne; au printemps se tiendront des réunions de travail des commissions. Elles pourront préparer des propositions qui, à l’exception de cas d’urgence, ne seront pas effectives avant le 1er janvier de l’année suivante, après approbation au congrès d’automne par le conseil général.
* Don Rodil propose que le conseil général occupe deux jours complets au congrès, et que toutes les réunions doivent avoir lieu avant les manifestations sociales qui se tiendraient les deux derniers jours afin que tous les délégués puissent y participer. L’engagement de M. Shaw, le comptable, comme assistant du secrétaire général est également accepté.
* Le dernier point discuté concerne, une fois encore, le MICUS. La situation est devenue difficile, car l’affiliation de cette organisation créée de toutes pièces bloque toute possibilité d’entrée à la seule organisation effective aux Etats-Unis, l’AMA. Le secrétaire général doit se rendre au Japon et passera donc par les Etats-Unis pour en discuter sur place.
* Le congrès de Bellagio, sur le lac de Côme (Italie), se tient du 8 au 13 mai à l’hôtel Villa Serbelloni. Trente pays (sur 44 affiliés), sont représentés au conseil général. Une fois encore, la délégation est-allemande n’est pas présente, malgré les efforts de la FIM auprès du CONI, du gouvernement italien et du Bureau allié de circulation, à Berlin.
* L’élection de quatre vice-présidents donne les résultats suivants: MM. Emil Vorster, le Baron Eric Von Essen et M. Bogdan Matuszak (Pologne) sont élus pour trois ans, et maître Fernand Zurn (qui prend la place de M. Cuguero) pour une année. Un nouveau membre affilié est accepté: la fédération de Saint-Marin. La décision d’organiser un seul congrès par année est acceptée, les changements aux statuts et au règlement intérieur devant eux être ratifiés au congrès d’automne. Un changement d’affiliation est demandé pour l’Afrique du Sud, l’AASA ayant repris les activités sportives du RAC South Africa.
* La commission sportive internationale a donc un nouveau président, le Néerlandais Burik, deux vice-présidents (MM. Vorster et Tavernier) et quelques nouveaux membres: MM. Kedrov (URSS), Tsugeno (Japon), Gullberg (Suède), Bouvet (France), Lenfranc, Taylor, Smaus, Basch, Curli et le comte Lurani, surnommé «Johnny», visiblement très satisfait d’être redevenu un simple membre de la commission. L’organisation d’écoles de trial, mises en place depuis quelque temps, continue malgré le blocage des fonds spéciaux. On parle d’une classe side-car jusqu’à 750 cc en motocross. Les GP de motocross sont désormais disputés non plus sur une distance donnée, mais sur une durée (30 minutes plus deux tours), pour éviter de trop grandes variations de durée selon les conditions de la piste.
* Le congrès d’automne a lieu, suite à l’invitation de la PZM, à Varsovie (du 23 au 29 octobre). Un fait nouveau est à noter: le président de la FIM va déposer une couronne de fleurs sur la tombe du soldat inconnu, ce qui provoque un profond impact sur toutes les personnes présentes (surtout les Polonais), principalement par le fait que Don Rodil est espagnol et qu’à l’époque, les deux pays n’avaient pas de relations diplomatiques. Trente-trois fédérations sont représentées au conseil général, qui bénéficie cette fois d’une traduction simultanée en français, anglais et allemand (en plus du polonais). M. Rodil commence par rendre hommage à M. Ragnar Gullberg, membre suédois de la CSI, décédé pendant la cérémonie d’ouverture des Six jours en Suède (la médaille d’or de la FIM lui est décernée à titre posthume). Un amendement aux statuts concernant les membres associés est acceptée; il s’agit en fait d’une division en deux catégories: les membres commerciaux (souscription de 1200 francs) et les clubs et autres (souscription de 750 francs).
* Don Rodil prend ensuite la parole et parle de télévision (déjà…), des droits TV plus exactement. La discussion est vive, les délégués des FMNR défendent leurs organisateurs qui, selon eux, ont des difficultés; ils estiment que si la FIM leur prend les droits TV, il ne restera pas grand-chose… Ron Rodil répète qu’il s’agit simplement d’établir les droits de la fédération pour le futur.
* Une demande de réadmission a été reçue du Brésil et il est décidé de ne l’accepter qu’après que les directeurs en poste au moment des courses de 1954 soient disqualifiés. Le Club BMW est accepté comme membre associé. Puis, Don Rodil parle d’expansion et des contacts qu’il a eus avec l’industrie durant les Six jours: «L’industrie a besoin de la FIM autant que la FIM a besoin des constructeurs».
* A la CSI, il est finalement décidé que le challenge de trial Henry Groutars deviendra «Championnat d’Europe de trial». Le championnat d’Europe de la montagne est toujours au point mort. En revanche, le trophée FIM de motocross 750 cc a remporté un joli succès, malgré un certain manque de coordination entre diverses épreuves.
1967: Nouveaux Championnats
* Les premières réunions de printemps (que l’on n’appelle pas encore «réunions de Genève»), ont lieu du 16 au 19 mars 1967 dans les bureaux de l’Association internationale des loisirs, à Moillebeau (Petit-Saconnex). On parle des statuts, notamment des motifs d’exclusion d’une FMN (dettes, mais aussi inactivité sur le plan national), du rôle de la commission des finances, de la composition de la CSI dont le travail a plus que doublé en quelques années; mais la résistance à la division est très forte, on se raccroche aux sous-commissions, afin que la CSI garde le contrôle et ses prérogatives. Cela ne durera évidemment pas, mais Don Rodil est patient…
* On parle aussi des officiels FIM, des chronométreurs (dont le niveau est considéré supérieur à ceux de la FIA…), de la nécessité d’avoir des directeurs de course et des commissaires proprement entraînés. Mais comment? Don Rodil glisse dans la discussion qu’en Espagne, il a commencé une école de formation pour des officiels, et qu’elle a connu un grand succès.
* La publicité extra-sportive revient au travers d’un offre d’un fabricant de boissons; les choses ont évolué depuis le refus d’il y a cinq ans et un sous-comité est chargé d’étudier la question. Les relations avec l’UNESCO, suite au séminaire sport et tourisme de l’année précédente, s’intensifient; d’ailleurs, le patronage de cette organisation au rallye FIM est à l’étude. Le secrétaire général mentionne qu’une invitation est parvenue, pour participer à un séminaire sur le tourisme à Rome, sous les auspices du Vatican (sic); il est décidé que M. Colombo représentera la FIM. Quant à l’histoire de la fédération, le secrétaire général explique qu’à quelques exceptions près, il n’a absolument rien reçu. Il est clair que, s’il doit y avoir une histoire de la FIM, il devrait l’écrire lui-même et il n’a pas le temps. La question est ajournée…
* Vienne accueille les délégués pour le congrès, du 22 au 28 octobre. Trente fédérations sont représentées lors du conseil général. Un sujet important est financier et immobilier: au comité des finances, on a discuté, entre autres choses, du problème de placements de capitaux, afin d’éviter la dépréciation, et il est suggéré d’acheter une maison pour le secrétariat de la FIM. Cette suggestion avait déjà été faite auparavant, mais la perspective d’une hypothèque n’avait pas paru adéquate. Il s’agit de présenter le projet au conseil général. Après une longue discussion, l’initiative est adoptée, un comité de trois personnes s’occupera de cas. Autre suggestion: les cotisations annuelles des FMN sont réajustées à la hausse, ainsi que les licences internationales de compétition, cette augmentation étant partiellement compensée par la fourniture gratuite d’un annuaire FIM.
* Quatre vice-présidents sont élus ou réélus; comme il y a quatre postes vacants (en raison de la démission de Me Zurn), MM. Anstice et Haken sont réélus et Gérard Ladame (Suisse) et Boris Tramm (URSS) sont élus. M. Curli annonce son retrait de la CSI et reçoit l’honorariat; parti de zéro, il a compilé tous les records du monde établis au long de l’histoire de la FIM.
* Une demande d’affiliation est parvenue de la Fédération cubaine de motocyclisme et est acceptée par le conseil. Le président explique que depuis le 1er janvier, il n’y a plus de secrétaire général. Le Major Goode – qui a donné sa démission l’année précédente - partage son temps entre un travail de consultant pour le développement des activités de la FIM et ses propres affaires. M. Shaw est pour l’instant responsable du secrétariat, sous les ordres du président et du trésorier. Maître Zurn communique au bureau sa démission immédiate pour cause de manque de temps. Une discussion s’engage au sujet de l’emblème de la FIM; il n’y a rien dans les archives au sujet de la création de cet emblème et un dessin publié cette année pour approbation des membres est finalement accepté comme logo officiel. Une réunion a eu lieu à Londres avec des représentants de la FIA et un accord remplaçant celui de 1937 a été signé; le conseil en accepte la ratification. Il accepte aussi l’autorisation de la publicité extra-sportive, suivant des règles qui seront présentées aux réunions de printemps.
* En début d’année a eu lieu à Lausanne (Suisse) une réunion des fédérations sportives olympiques internationales, à laquelle des fédérations non olympiques ont aussi été invitées. Il s’agit en fait de la fondation de l’AGFIS.
* La commission sportive internationale introduit plusieurs nouveautés pour 1968: le championnat d’Europe individuel «Deux jours de compétition de régularité», ainsi que le championnat d’Europe individuel de trial. Pour cette compétition, la CSI décide de commencer le championnat 1968… le 1er octobre 1967, ce qui permet d’inclure l’épreuve d’Oberiberg (Suisse), organisée selon le nouveau règlement et qui a obtenu un grand succès, avec 30 coureurs étrangers (dont Sammy Miller) et cinq nations représentées. Le trophée d’Europe de la montagne 1967, organisé à titre d’essai, a été un succès; il est donc proposé de poursuivre l’expérience en 1968, avec une seule classe – 250cc – et cinq épreuves, dont les trois meilleurs résultats compteront pour le trophée. Le «Trophée challenge motocross 750 cc» n’a lui pas obtenu le succès escompté, mais il est décidé de continuer en 1968 et de revoir la situation lors du prochain congrès. Les résultats du GP d’Allemagne de l’Est de motocross 500 cc sont annulés pour cause d’irrégularités. Enfin, M. Magnusson fait un rapport sur les scooters de neige en Suède et des informations circulent sur la formation d’une fédération internationale de la spécialité.
* Suite à la baisse de l’intérêt suscité par les épreuves des 50 cc en course sur route, la CTI propose le changement suivant au règlement technique: un seul cylindre et six vitesses au maximum, et un poids minimum de 60 kg. Des changements pour les autres classes sont longuement discutés, mais la CSI est d’avis d’attendre les réunions de printemps.
* M. Vorster annonce que les organisateurs des Jeux olympiques de Munich sont entrés en contact avec l’OMK, en vue d’organiser une manifestation motocycliste à l’occasion des Jeux d’été dans cette ville. Le sujet est pris très au sérieux par le bureau central.
* Le rallye FIM 1967 a eu lieu à Moscou, où se sont rendus plus de 1000 participants de 16 fédérations nationales. M. Henri Stienlet, président de la commission, a malheureusement été victime d’un grave accident durant le voyage et a perdu une jambe.
1968: Le secrétaire part avec la caisse !
* Les réunions du bureau central se tiennent dans une des salles du buffet de la gare de Cornavin, à Genève, le 30 mars. La situation du secrétariat de la FIM est très compliquée. Le sujet principal est… la disparition du comptable/secrétaire M. Shaw, après avoir détourné à son profit près de 30’000 francs de l’argent de la fédération. Aucun compte n’a été mis à jour depuis le 30 septembre 1967, ce qui a obligé M. Barambon à refaire toute la comptabilité de 1967, jusqu’au 28 février 1968 (M. Shaw ayant disparu en janvier 1968). Don Rodil propose au bureau central de reprendre les choses en mains, c’est-à-dire de faire office de secrétaire général, en plus de président.
* A part cela, les trois membres adhérents «commerciaux» (Shell, BP et Castrol) ont tous trois donné leur démission en l’espace d’une semaine; les raisons données sont les difficultés économiques et l’obligation de réduire les dépenses.
* A la commission sportive, un nouveau système de points est proposé par M. Sensburg (délégué allemand), avec 15 unités au premier, etc. Pour la technique, le Comte Lurani propose, qu’outre les 50 cc avec un seul cylindre, on limite aussi les 125 et 250 cc à deux cylindres, qu’on établisse un poids minimum et que les moteurs n’excédent pas quatre cylindres (dans les classes supérieures); le sujet sera à rediscuter au congrès. La fédération yougoslave demande que le GP d’Adriatique soit mis au calendrier du championnat du monde (le Japon ayant renoncé à son GP pour 1969).
* Plusieurs propositions sont établies pour le motocross, dont un système de répartition des GP entre les FMN pour les années 69, 70 et 71. La durée de chaque manche d’un GP sera de 40 minutes plus deux tours (et non plus 30 minutes). Le problème posé par le mot «trial» qui, en anglais couvre le trial contrôlé et l’épreuve de régularité, est résolu de la manière suivante: épreuve de régularité (reliability trial) et trials contrôlés (observed trials) (le mot «enduro» n’apparaîtra qu’en 1981).
* A la commission technique, on parle entre autres de scooters de neige, dont le délégué suédois M. Jauren a établi un projet de règlement; il indique que 2800 scooters ont été vendus dans son pays l’hiver précédent (alors que les ventes au Canada et aux Etats-Unis atteignent déjà 190’000 unités!)
* Une réunion extraordinaire du bureau central a lieu le 27 juillet à Genève. Premier point: les statuts et le principe de la double signature pour la gérance des fonds de la FIM. Concernant l’affaire Shaw, un mandat de recherche a été lancé par le juge; il faudra ensuite clarifier le fait que, à part un chèque (paiement de la Suède, couvert par la Lloyd’s), effectivement encaissé avec la signature de M. Shaw, les autres mouvements d’argent ont été rendus possibles par la signature de M. Colombo (le trésorier); en fait, M. Shaw était en possession de bulletins de retrait en blanc! On passe en revue les récentes affiliations de la FIM à l’AGFIS, à la FIIG et au CIEPS, ainsi que la situation au Brésil, en Colombie et au Japon (où M. Tsugeno n’est plus secrétaire général et où le sport traverse une sorte de crise de croissance), ainsi qu’aux Etats-Unis.
* On se retrouve à Madrid du 2 au 9 novembre, avec un ordre du jour très chargé… et pas de secrétaire général. En revanche, on compte un nouveau secrétaire (M. Hartmann), un interprète (Karl Gärtner) et une secrétaire (Mlle Wolfgang). Les séances ont lieu en présence des délégués de 36 fédérations nationales.
* Don Rodil est arrivé à la fin de son premier mandat et le moins que l’on puisse dire, est qu’il a été quelque peu agité. Il est réélu à l’unanimité président de la FIM. Deux postes de vice-présidents sont à repourvoir: MM. Lenfranc et A. Colombo (membre sortant de la CTI) sont élus par acclamations.
* Les modifications aux statuts (double signature, responsabilité collective, dépôts des fonds, etc.) sont acceptées à l’unanimité. Puis, on passe aux élections des membres de la CSI. Il y a neuf candidats pour six postes à repourvoir. Et, chose incroyable, le Comte Lurani n’est pas réélu ! Don Rodil propose ensuite que le Comte Lurani reçoive le titre de président d’honneur de la CSI, et que M. Gérard Ladame soit nommé trésorier par intérim, jusqu’au congrès de 1969.
* La Confederação Brasileira de Motociclismo est admise comme membre affilié.
* La rédaction du code sportif est considérée comme désastreuse. M. Curli, membre d’honneur de la CSI, est chargé d’une révision complète. Il a déjà établi un schéma général. * La commission sportive internationale discute longuement des nouvelles règles pour les GP (la classe 50 cc a déjà été modifiée). On admettra, à partir de 1970 pour les 125 et les 250 cc, un maximum de deux cylindres et de six vitesses, des poids minimum respectifs de 75 et 100 kg. Les changements pour les classes 350 et 500 sont remis à l’année suivante. Un nouveau système de points est également mis en place pour 1969, pour les dix premiers de chaque GP (15, 12, 10, 8, 6, 5, etc.). A l’avenir, la règle pour le nombre de courses comptant pour le championnat sera celle de la moitié du nombre de courses plus une (si nombre pair) et le nombre de courses plus une, divisé par deux (si nombre impair).
* La présidence de la CSI pose un problème. M. Burik ne veut pas se représenter et comme le Comte Lurani n’est plus membre de la commission – il est président d’honneur - personne ne désire prendre sa place… La non-élection du Comte Lurani fait vraiment des dégâts et l’unique solution est de reporter l’élection au printemps 1969, ce que M. Burik finit par accepter. M. Sensburg est réélu vice-président de la CSI pour 3 ans. Le circuit madrilène de Jarama, trop court selon le règlement, est exceptionnellement accepté pour accueillir le GP d’Espagne 1969, car celui de Barcelone ne peut être utilisé.
* En motocross, le nombre limite de sept courses comptant pour les championnats du monde est supprimé. Il est confirmé que les courses de scooters de neige se développent très vite au Canada et aux USA, avec des manifestations de grande envergure dotées d’importantes récompenses auxquelles prennent part des pilotes de premier plan (y compris Yvon Duhamel, champion canadien de 1967). En speedway, un championnat de la meilleure paire devra être organisé en 1969.
* A la commission technique, on parle, depuis quelque temps déjà, de limite de bruit et des différences entre les exigences de certains pays, les limites d’autres, etc. On décide d’employer la méthode ISO pour les tests et l’on prépare un test correspondant à la mesure de 105 dB/A pour 1969, en vue d’une application pour 1970. Mais le problème est urgent, en regard des Six jours: car tant le public que la police apprécient de moins en moins les machines bruyantes.
1969: Nouveau secrétariat
* Les réunions de Genève ont lieu du 25 au 30 mars. C’est l’épilogue de l’affaire Shaw; arrêté et jugé le 17 décembre 1968, il est condamné à un an de prison avec sursis, le remboursement de son détournement, soit exactement 23’540 francs suisses, plus 5% d’intérêts par an à partir du 1er janvier 1968, aux frais du jugement, ainsi qu’à l’expulsion du territoire suisse durant cinq ans et au versement de 10% de son salaire à la FIM.
* Le président Rodil propose d’instaurer un concours photo annuel ouvert à tous les membres; le règlement sera publié au congrès d’automne. Le bureau examine ensuite une possibilité d’achat d’une villa; il est décidé de laisser la responsabilité de l’achat à MM. Rodil, Vorster et Ladame. Une commission de révision des statuts est formée par cinq fédérations nationales: Espagne, France, Grande-Bretagne, Pologne et URSS.
* M. Vorster fait un rapport sur sa visite au Canada et aux Etats-Unis. Il s’est rendu au siège de l’AMA en compagnie de M. et Mme White (CMA). Vingt personnes travaillent à plein temps, il y a un ordinateur (sic) et l’AMA compte 100’000 membres; il lui paraît clair que l’AMA veut devenir membre de la FIM. Le problème est que le président actuel de la MICUS, M. Wes Cooley, n’a pas l’air de vouloir en entendre parler… Pour faire avancer les choses, il suffira que l’AMA confirme sa demande d’affiliation, déjà présentée le 24 avril 1964 et renouvelée le 4 octobre 1966, en la datant après le congrès de Vienne (donc avec les nouveaux statuts en vigueur). M. Vorster a également rendu visite aux fédérations d’Argentine et du Brésil et explique que le nom de «Panaméricaine» s’applique aux deux continents américains, et non pas seulement à l’Amérique latine.
* Une réunion de l’AGFIS doit avoir lieu au mois d’avril; le président suggère que M. Ladame soit le délégué de la FIM. Ensuite, Don Rodil communique que le vice-président britannique Victor Anstice a donné sa démission avec effet immédiat. En ce qui concerne la présidence de la CSI, M. Burik n’est pas présent à Genève et Don Rodil suggère de reporter l’élection au congrès d’automne. D’ici là, c’est le vice-président le plus ancien, soit le colonel Michel Tavernier, qui est en charge. Durant cette période, une commission de révision des statuts se réunira et il est possible que des changements interviennent. Le président ne le dit pas explicitement et s’emploie à rassurer les membres de la CSI, mais il est clair qu’une grande réforme s’annonce et que la CSI va bientôt être divisée en plusieurs commissions sportives, ce qui semble logique.
* A la réunion mixte CSI-CTI, M. Boensch fait part de la proposition concernant les 350 et 500 cc de maintenir un maximum de quatre cylindres (six vitesses et poids minimum 100 kg). Pour la 250 cc, le poids minimum est abaissé à 90 kg.
* Le congrès d’automne a lieu pour la première fois en Yougoslavie, plus exactement dans la capitale de la Slovénie, Ljubljana. La secrétaire de la séance, Mlle Wolfgang (aucune mention de M. Hartmann!), fait l’appel des fédérations présentes: 29 sont représentées par leur délégué, 5 par procuration, pour un total de 34 FMN et 67 voix (Cuba, récemment admis, n’a qu’une voix). Une discussion a lieu sur le droit de vote des fédérations en retard de paiements, elles sont huit. Le bureau central propose de ne pas tenir compte de ce fait, ce qui est accepté exceptionnellement – l’année prochaine il ne devra y avoir aucune dérogation. M. Nicolas Schmit (Luxembourg) est élu trésorier avec 45 voix.
* Le président explique finalement qu’il a été procédé à l’achat d’un appartement pour le secrétariat de la FIM, au 26 avenue de Champel, à Genève. L’appartement est plus grand que celui de la rue Carteret et d’un standing plus élevé.
L’Equateur, représenté par le Guayaquil Moto-Club, est accepté comme nouveau membre; la demande de Porto Rico (faite par téléphone – sic) est en revanche mise en attente…
* Quant au problème AMA-MICUS, il est résolu, au moins provisoirement, par l’accord entre les deux clubs, qui forment l’«United States Motorcycle Association» (USMA) pour l’année 1970, chacun restant indépendant en attendant de trouver une entente définitive pour 1971.
* A la CSI, on commence par élire un président; c’est le colonel Tavernier qui est confirmé dans cette fonction pour une année (terme de son mandat). Quant au bilan 1969 de la classe GP 50 cc, la nouvelle formule est considérée largement positive, y compris par les constructeurs. La différence de points entre les cinq premiers est minime. Il est décidé d’abaisser le poids minimum à 55 kg, et de confirmer les règles pour 1970 en 125 (2 cylindres, 6 vitesses, 75 kg) et en 250 (2 cylindres, 6 vitesses et 90 kg). En Motocross, la coupe 750 solo est supprimée, pour manque d’intérêt; en revanche, il est prévu d’introduire une coupe pour les side-cars, également 750 cc. En courses sur pistes, le «championnat international de la meilleure paire» devient un championnat du monde de speedway par paire, dès 1970.
Photos Archives FIM - De haut en bas:
-2 Ago Woo Hail, 1967
-3 ISDT - Poland, 1967
-4 Motocross GP 500, 1968
-5 Paul Friedrichs - 500, 1968
-6 Briggs Mauger, 1969
-7 Dave Simmonds - Kawasaki 125, 1969
-8 Provini, 1969
-9 Saarinen - Puch 125, 1969
-10 Sylvain Goboers - 250, 1969
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Histoire FIM - Flash Back 1965-1969
