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Histoire FIM - Flash Back 1935-1939


1935 : Un rallye international

* Début janvier, M. Loughborough envoie aux unions motocyclistes nationales une lettre d’explication au sujet de la création du Comité International pour le Tourisme Motocycliste (CITM). Elle est accompagnée d’un questionnaire : quelles sont les relations avec l’Automobile-Club national ? Qui délivre les documents douaniers dans le pays ? A quelles conditions ? Etc.
* Le 28 mai, la réunion du conseil se déroule au Deutsche Ausland Automobile Club à Berlin sous la présidence du Comte Bonacossa. Les vice-présidents sont MM Marcel Haecker (Suisse), Ewald Kroth (Allemagne) et Baron Nothomb (Belgique). Quinze associations nationales sont présentes ou représentées : Belgique, Empire Britannique, Tchécoslovaquie, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède et Suisse. L’admission du Moto Club de Valparaiso (Chili) est confirmée.
* La situation extrêmement confuse en Argentine est également évoquée. En accord avec le secrétaire général de l’AIACR, Colonel Peron, il est suggéré de demander à l’Automobile Club Argentino, d’avoir « la gentillesse de faire un rapport à la FICM sur l’état du motocyclisme dans ce pays ».  
* Lors de la réunion de la CITM, M. Loughborough explique que sur 29 questionnaires envoyés aux associations, il a reçu « seulement » 18 réponses ; le comité regrette ce fait et espère que les 11 pays manquants fourniront des rapports dans un délai très bref. Sur proposition de la Belgique et de la France, l’institution d’un rallye international annuel est recommandée, comme un moyen de propagande pour le tourisme à moto.  Le principe est approuvé par le conseil et l’on s’attelle à la rédaction d’un règlement et à la mise sur pied d’un concours avec trophée.
* Le congrès d’automne se déroule à Paris. Le principal sujet de la réunion est la ratification de la convention conclue entre l’AIACR et la FICM le 24 juin précédent.    De longues discussions s’engagent, car la prééminence de l’AIACR et/ou des automobile-clubs nationaux sur le plan décisionnel (malgré la création d’un comité de conciliation) provoque certaines réticences, notamment de la part des Scandinaves, qui considèrent que l’indépendance des motocyclistes devrait être mieux préservée. L’argument porte et M. Pérouse, délégué français, propose une motion suggérant des modifications à la rédaction du texte, afin de mieux correspondre aux Statuts.
* Le Comte Bonacossa est réélu par acclamation à la présidence pour un nouveau mandat de trois ans (jusqu’en 1938). L’honorable Arthur Stanley souhaite renoncer au poste de trésorier, étant donné son âge avancé et le grand nombre de postes honoraires qu’il remplit.
* La Commission sportive passe en revue la saison écoulée. Le secrétaire général a organisé la veille une réunion des délégués des pays qui ont participé aux Six Jours de Régularité en Allemagne et propose une série de modifications aux règlements.   Aussi bien le Trophée Mondial que le Vase d’Argent reviennent aux équipes allemandes.
* Les règlements des compétitions internationales reçoivent quelques amendements. Par exemple, à partir du 1 mars 1936, seuls les modèles autorisés de casques pourront être utilisés. Chaque UMN devra soumettre des modèles à la commission technique et obtenir son autorisation avant utilisation au niveau national. L’organisation du Grand Prix FICM 1935 est confiée à l’ACU et les anglais la transmettent à leur homologue irlandais car le circuit choisi est Belfast Clady et la  MCUI est responsable de l’Irlande entière. Le circuit, tracé sur des routes fermées à la circulation, mesure 33 km. Jimmy Guthrie gagne la course en 500cc au guidon de sa Norton, alors que Walter Handley l’emporte en 350cc à bord d’une Velocette. L'Allemand Arthur Geiss gagne en 250cc avec l’imbattable DKW.
* La Commission Internationale de Tourisme se réunion et aborde en premier lieu la question des documents de douane. Suite au grand rallye international organisé en Belgique, la fédération crée officiellement cette manifestation et décide de la prévoir chaque année avec un trophée permanent qui sera attribué à l’UMN qui obtient le plus grand nombre de points selon la formule suivante :  pour chaque UMN participant au rallye, le nombre de kilomètres entre son siège et le point d’arrivée sera mesuré par la route la plus directe, multiplié par le nombre des engagés et divisé par le nombre total de motos en circulation dans son pays l’année précédente. L’UMN organisatrice – l’Allemagne en 1936 – ne peut pas participer au challenge et l’UMN ayant remporté le trophée trois fois en recevra une réplique.

1936 :  Un championnat du monde de Speedway !

* En avril 1936, la FICM se rend pour la première fois à Madrid, au siège de l’Automobile-Club d’Espagne. Les discussions portent notamment sur le règlement particulier des Six Jours en Allemagne, la question des assurances, le trophée de vitesse en Italie, le Grand Prix de la FICM et le calendrier sportif international. Mais le sujet principal est le championnat du monde de speedway, ou plus exactement de « vitesse sur piste ». Les propositions sont soumises par le Major Watling (qui représente l’ACU et le MCUI) ; selon lui, en Angleterre, le speedway est contrôlé par l’ACU « avec grand succès ». D’autres délégués restent sceptiques sur le contrôle international de ce sport, inconnu dans plusieurs pays et même interdit en Allemagne. Il est néanmoins décidé d’approuver la proposition soumise par l’ACU, de créer un championnat du monde de speedway et de nommer un sous-comité chargé d’étudier la question du contrôle international de la discipline. La première Finale Mondiale de Speedway a lieu au Stade de Wembley à Londres. Elle est remportée par le coureur australien Lionel Van Praag.
* L’Union Motocycliste de France demande la suppression du permis de conduire pour les conducteurs de petites motocyclettes ; il est décide de recommander au conseil que des démarches soient entreprises pour obtenir la suppression des permis pour les conducteurs de motocyclettes de petite cylindrée dans tous les pays.
* Le Grand Prix FICM se déroule sur le circuit de Sachsenring : Henry George Tyrell-Smith remporte la victoire en 250cc au guidon d’une Excelsior, Freddie Frith en 350cc sur une Norton, et Jimmy Guthrie en 500cc, également sur une Norton.
* Les Six Jours sont également organisés en Allemagne, mais cette fois-ci la Grande Bretagne rafle tout, le Trophée Mondial et le Vase d’Argent. Le premier Rallye FICM a lieu à Berlin – à l’occasion des Jeux Olympiques – et c’est l’Estonie qui l’emporte.
* Le congrès d’automne a lieu dans les locaux de l’Automobile-Club de France. L’Allemagne a organisé le Grand Prix de la FICM, les Six Jours de Régularité auxquels ont participé des équipes de France, de Grande Bretagne, d’Italie, de Suisse, de Tchécoslovaquie, d’Autriche, de Belgique, de Hongrie, d’Irlande et des Pays-Bas, ainsi que le premier Rallye FICM. On y note une augmentation claire des activités motocyclistes.
* Une demande d’affiliation en bonne et due forme a été reçue du Moto Club do Brasil, dont le siège est à Rio de Janeiro. Cette demande, soutenue par l’Automobile-Club du Brésil, le conseil national des sports et la fédération cycliste du Brésil (sic) est acceptée à l’unanimité.
* Après le déjeuner, le Comte Bonacossa communique la démission du Baron Nothomb de la présidence de la CSI. M. Pérouse est élu à l’unanimité. Parmi les autres sujets abordés, on trouve les turbocompresseurs (pas encore interdits ni même réglementés) et le carburant (à l’exception du TT, tous les organisateurs devront fournir le même carburant à tous les concurrents). Les signaux par drapeaux sont adaptés au code de l’AIACR, à savoir : rouge (arrêt absolu immédiat), jaune (attention danger), vert (route libre), drapeau bleu agité (signal de déplacement, prenez votre droite ou gauche), noir accompagné d’un numéro (signal d’arrêt pour le motocycle portant ce numéro) et damier noir et blanc (signal de fin de course). Autre modification, concernant cette fois les circuits : la largeur de la route ne devra pas être inférieure à 5 mètres et il ne devra pas y avoir plus de 6 partants par km de circuit. Si la route atteint 8 mètres de large, 8 partants pourront être autorisés par kilomètre de circuit. 

1937 : Les Statuts révisés

Le premier rendez-vous de l’année a lieu à Amsterdam, à l’Amstel Hotel, le lundi 3 mai pour la réunion de la CSI. Le lendemain, c’est le conseil qui se réunit. Après l’Irlande au congrès précédant, c’est au tour de la Tchécoslovaquie de faire acte de candidature, acceptée à l’unanimité. Mais M. Loughborough attire l’attention sur le fait que lors du dernier congrès, seuls 14 des 29 pays membres de la FICM étaient présents ou représentés et que, conformément à l’article 11 des Statuts, aucune des décisions prises n’est valable. Cette difficulté provient du fait que parmi les 29 membres, douze pays assistent rarement aux congrès et parti ces derniers, trois au moins sont très en retard dans le paiement de leurs cotisations et ne répondent jamais aux lettres.
* Le secrétaire général annonce que le Korpsführer Hühnlein de l’ONS a offert à la FICM un challenge devant être remis comme prix d’équipe de club dans le concours international des Six Jours. On se met d’accord sur le Grand Prix de la FICM pour 1939 (Belgique) et 1940 (Grande Bretagne), le délégué tchèque invitant l’assistance à venir à Prague au printemps 1938. La réunion se termine à 17h20.
* Le congrès se tient à Paris au siège de l’ACF. Cette fois, le quorum est atteint, avec 15 pays présents ou représentés. Le secrétaire général Loughborough a recueilli de nombreuses associations membres de la FICM des rapports d’activité, qu’il est intéressant de citer afin d’avoir un tableau de la situation avant la Deuxième Guerre Mondiale.


La Moto à la veille de la Deuxième Guerre Mondiale

- Allemagne (Oberste Nationale Sportbehörde) : Cinq courses internationales ont été organisées, six courses nationales, douze courses sur circuit, trois épreuves de longue distance et cinquante-quatre épreuves d’une journée. Environ 12’400 coureurs ont pris part à ces manifestations. 768 licences internationales et 7589 licences nationales ont été délivrées. Le nombre de motos en circulation en Allemagne est de 1'280’000 en juillet 1936 et de 1'427’000 en juillet 1937.
- Argentine (Moto Club Argentino): 14 épreuves ont été organisées en 1935 et 16 en 1936.
- Belgique (Fédération  motocycliste de Belgique) : Le nombre de motos en circulation, qui avait diminué en 1935, est remonté à 65’000 en 1936 et continue d’augmenter en 1937. Le nombre d’épreuves de vitesse a beaucoup diminué et le gouvernement se propose de les interdire à l’avenir sur les grandes voies. D’un autre côté, le nombre de rallyes et d’épreuves de régularité est en constante augmentation. Le moto-ball, bien que peu pratiqué, intéresse de plus en plus de public. Le tourisme prospère et le nombre de permis douaniers pour le tourisme à l’étranger a triplé dans l’année, la majeure partie étant délivrée pour la France.
- Empire Britannique (Auto Cycle Union): 390 clubs sont affiliés à l’ACU, représentant 19’431 membres. De plus, l’ACU comprend les clubs nationaux d’Australie, du Canada, de Malaisie, de Nouvelle-Zélande, d’Ecosse et d’Afrique du Sud. 1172 licences nationales ont été délivrées en Angleterre. Le Tourist Trophy a enregistré 103 pilotes engagés, et les Six Jours internationaux 220, en provenance de onze pays différents. Les courses sur piste cendrée deviennent de plus en plus populaires et plus de trois millions de spectateurs y ont assisté pendant la saison; on a ainsi compté 85’000 personnes lors des championnats du monde, à Wembley.
- France (Union motocycliste de France): L’UMF a organisé ou supervisé 33 épreuves; de nombreuses tentatives de records du monde ont été effectuées à Montlhéry. 25 coureurs ont obtenus de l’UMF des licences internationales. Au 31 octobre, le nombre des clubs est de 117, qui représentent 36’000 membres.
- Hollande (Koninkijke Nederlandse Motorwielrijders Vereeniging): 21 épreuves importantes ont été organisées pendant l’année. L’équipe hollandaise a gagné le Vase d’Argent aux Six Jours et la KNMV a remporté le challenge du Rallye international.
- Hongrie (Kiralyi Magyar Automobil-Club) : En 1937, le Royal Automobile Club hongrois a organisé deux épreuves internationales, huit manifestations nationales et de nombreuses épreuves d’intérêt local.
- Italie (Reale Federazione Motociclistica Italiana): Avec 9631 membres, la RFMI a organisé plus de 150 épreuves sur son territoire. La «Coppa Mussolini», de Milan à Tarente (1300 kilomètres), a été gagnée par Sandri Guglielmo à la vitesse moyenne de 104,04 km/h. 1142 licences de coureurs ont été délivrées.
- Suède (Sveriges Motorfederation, Motorcykelsektionen) : De 34 clubs affiliés en septembre 1935, le nombre est passé à 75 en 1937. 118 autorisations pour des épreuves variées et 513 licences de coureurs ont été délivrées. Une formule d’assurance accidents pour les coureurs a été introduite avec succès. Les relations entre le SMM et l’Automobile Club de Suède (KAK) sont maintenant cordiales, après quelques périodes de troubles.
- Suisse (Union motocycliste suisse) : L’UMS a organisé plusieurs épreuves, dont deux Grands Prix, celui de Genève et celui de la F.I.C.M. Le nombre de membres est en diminution à cause des charges fiscales de plus en plus lourdes qui pèsent sur les motocyclistes, mais tous les efforts sont faits pour améliorer la situation.
- Tchécoslovaquie (Autoklub Republiky Ceskoslovenské) : Une équipe a pris part aux Six Jours avec cinq coureurs, dont quatre ont gagné des médailles d’or. Sept épreuves internationales ont été organisées, dont la «Petite Entente», couvrant 2500 km de petites routes (on a traversé les frontières, jusqu’en en Roumanie et en Yougoslavie). 47 épreuves nationales ont été organisées et il y a 70’000 motos en circulation dans le pays, 11’000 de plus que l’année précédente.

* La convention entre l’AIACR et la FICM est finalement adoptée officiellement (c’est le texte proposé par la FICM en novembre 1936, assorti de quelques modifications apportées par l’AIACR en octobre 1937 ; le comité de conciliation devient le comité d’arbitrage, dont le président devra être désigné d’un commun accord entre les deux associations).  Ce nouveau comité doit donc être désigné et se mettre au travail. C’est l’affaire du Luxembourg et la suspension des trois délégués qui est à l’ordre du jour. MM. Haecker, Pérouse et Nortier sont désignés pour représenter la F.I.C.M. au sein du nouveau comité d’arbitrage, qui devra se réunir rapidement à Paris, avec les délégués de l’AIACR.
* M. Pérouse présente le rapport de la 37e réunion de la commission sportive internationale, qui s’est réunie la veille. Certaines modifications ont été effectuées au règlement des Six Jours internationaux, notamment l’augmentation du nombre de pilotes par équipes de trois à quatre, chacun conduisant un motocycle d’une des classes suivantes: 250 cc, 350 cc, 500 cc et 600 cc sidecar. En ce qui concerne les machines équipées de turbocompresseur, il est décidé qu’elles seront acceptées aux compétitions, mais pourront faire l’objet d’un classement séparé. En outre, la définition des compresseurs sera soumise à la commission technique.
* Le circuit de Bremgarten, près de Berne, accueille le Grand Prix 1937 et – enfin – le grand pilote italien Omobono Tenni emporte la course en 250cc au guidon d’un Guzzi après plusieurs tentatives infructueuses. Un autre pilote légendaire, Jimmy Guthrie, l’emporte en 350cc et en 500cc. Malheureusement, un mois plus tard, Jimmy Guthrie, qui était en tête du Grand Prix d’Allemagne au Sachsenring, a chuté lourdement au dernier tour et a heurté un arbre. Il est décédé à l’hôpital par la suite. Il avait 40 ans.
* Un rapport a été demandé sur l’accident fatal de Jimmy Guthrie. Le président souligne l’importance d’un rapport dans de tels cas (malheureusement, ce rapport n’est pas dans les archives).  Aucune explication officielle sur les causes de sa chute n’a jamais été publiée. Cependant, selon des témoignages de personnes sur place, l’essieu arrière s’est cassé alors qu’il était en pleine accélération à la sortie d’un virage. La victoire de Karl Gall sur un BMW a été « fêtée » dans un lourd silence. 
* A Wembley, la deuxième Finale Mondiale de Speedway est remportée par le Nord-américain Jack Milne.

1938 : Enfin un « vrai» Championnat d’Europe

* Le congrès de printemps se déroule dans les locaux de l’Automobile Club de Tchécoslovaquie. Le secrétaire général rapporte que, suite à la fusion entre l’Autriche et l’Allemagne, il a reçu une lettre de l’ONS lui annonçant que cette association avait repris tous les droits et devoirs de l’OeAC.
* Le président Bonacossa annonce la décision du comité d’arbitrage, dont il a été nommé président, d’exclure de la fédération la « Motor Union du Grand-Duché du Luxembourg ». Les fautes commises (organisation illégale d’épreuves et non respect des règlements de l’AIACR et de la FICM) ont été considérées comme « graves et inexcusables ».
* Le rapport de la CSI contient une proposition essentielle, venant de l’ONS : la création d’un championnat d’Europe pour les trois classes : A (250cc), B (350cc) et C (500cc). Dans chaque classe et pour chaque course, les points suivants seront attribués : 6 points au vainqueur, 5 au 2e; 4 au 3e, 3 au 4e, 2 au 5e et 1 au 6e. Le champion d’Europe pour moto solo 1938 sera le coureur qui aura remporté le plus grand nombre de points dans sa classe. En cas d’ex aequo, le vainqueur sera le coureur le mieux placé dans le Grand Prix d’Europe de la FICM. Le calendrier 1938, avec pas moins de huit manifestations, (il aurait dû y en avoir neuf, mais la Suède s’est retirée) est le suivant :
- 13-17 juin : British Tourist Trophy
- 26 juin : Grand Prix de Belgique
- 17 juillet : Grand Prix de Suisse
- 24 juillet : Grand Prix de France
- 30 juillet : Grand Prix de Hollande
- 7 août : Grand Prix d’Europe de la FICM (GP d’Allemagne)
- 20 août : Grand Prix de l’Ulster
- 4 septembre : Grand Prix d’Italie
* La commission technique, qui s’est réunie à Paris le 7 mars, propose la définition suivante de la suralimentation: «doit être considéré comme moteur suralimenté, tout moteur dont le cylindre est susceptible d’être rempli par des gaz dont le poids est supérieur au poids normal correspondant à sa cylindrée.» Nouvelle discussion à propos du carburant : M. Kroth suggère de laisser entière liberté aux concurrents; «le contrôle par le nombre d’octane nécessite un travail compliqué des chimistes qui, eux-mêmes, ne sont pas toujours d’accord» (sic!) La question est laissée ouverte, l’ONS devant faire circuler un rapport sur la question. Sur recommandation de l’ACU, il est décidé d’adopter l’appareil de chronométrage «Loughborough-Hayes», qui a obtenu un certificat favorable du «Laboratoire national anglais de physique» et a été également adopté par le Royal Automobile Club.
Il est également décidé que la course la plus importante d’un pays serait désignée comme le «Grand Prix» du pays, exception faite de la Grande-Bretagne, qui est désormais seule autorisée à adopter le titre de «Tourist Trophy» pour une course internationale.
* Retour à Paris les en novembre 1938, au siège de l’ACF. Les résultats du championnat d’Europe 1938 sont confirmés et les champions félicités de leur succès. Les titres avaient été remportés par Ewald Kluge en 250cc (six victoires en huit courses !) au guidon de son DKW officiel surcomprimé et Georg Meier en 500cc (quatre victoires) sur son BMW official surcomprimé. Le titre en 350cc a été remporté par Edward « Ted » Mellors (Velocette, avec trois victoires et des points gagnés en sept courses). Le Championnat devait se poursuivre en 1939 avec quelques modifications aux règles. 
* La Finale Mondiale de Speedway est remportée par le pilote australien Bluey Wilkinson.
* Les Six Jours se déroulent en Grande Bretagne et sont remportés par les équipes britanniques de Trophée et de Vase. Comme la proposition de ne pas organiser l’épreuve plus de deux ans de suite dans le même pays a été accepté,  la prochaine édition des Six Jours ne pourra pas se dérouler en Grande-Bretagne malgré la brillante victoire de l’équipe britannique. Deux candidatures ont été reçues, une de la Pologne (sans lettre d’accompagnement) et l’autre de l’Allemagne, qui propose les dates du 20 au 27 août dans la région de Salzburg.
* La séance se termine par l’élection du bureau de la FICM pour les années 1939, 1940 et 1941. Le Comte Bonacossa est réélu à la présidence. Il y a sept candidats pour cinq places de vice-présidents. Sont élus l’Allemand Von Bayer-Ehrenberg (14 votes), le Suédois Löfström (13 votes), le Suisse Haecker (12 votes), le Britannique Ball (11 votes) et le Français Pérouse (8 votes). Le Hollandais Nortier (8 votes) se retire en faveur de M. Pérouse et le Professeur Low (3 votes) n’est pas élu. MM. Marians (trésorier) et Loughborough (secrétaire général) sont réélus, tous les deux à l’unanimité.

1939 : La Bulgarie et la Palestine exclues

* Copenhague reçoit pour la deuxième fois les délégués de la FICM, onze ans après le premier congrès tenu dans la capitale danoise. Seul treize pays sont présents ou représentés, y compris les Indes néerlandaises. Le premier point concerne les membres dont on est sans nouvelles, ni de leurs activités, ni de leurs cotisations. La Bulgarie et la Palestine n’ont donné aucun signe de vie et le conseil se prononce pour l’exclusion de ces deux clubs. La situation en Roumanie et en Grèce bouge et le secrétaire général est chargé de suivre ces dossiers. La Lettonie propose d’échelonner sa dette, ce qui est accepté. Enfin, la Yougoslavie donne des signes d’activité, mais n’a réglé ni ses cotisations, ni les inscriptions au calendrier. Par ailleurs, l’Automobile Club de Yougoslavie a envoyé une lettre demandant que la représentation de la Yougoslavie lui soit transférée. La question semble être destinée au comité d’arbitrage. Le «Motor Union du Luxembourg» présente une requête de réadmission par l’intermédiaire de la fédération belge, sans pour autant remplir, selon le conseil, toutes les conditions imposées par le comité d’arbitrage. La question est donc reportée.
* Le délégué belge, M. Pire, est élu au poste de vice-président à la place de M. Von Bayer-Ehrenberg, qui se trouve dans l’impossibilité d’accepter cette charge. En ce qui concerne les postes de président et de vice-président de la CSI, aucun accord n’a pu être trouvé et l’élection est reportée au congrès d’automne à Paris... qui n’aura jamais lieu.
* Pour le championnat d’Europe, il est décidé de maintenir les mêmes conditions qu’en 1938, sauf que seuls les cinq meilleurs résultats sur les neuf manifestations compteront pour chaque coureur.
* Pour terminer, on se rappellera que l’ONS avait invité les délégués à se rendre à Berlin pour le congrès de printemps de 1940…
* Le dernier document officiel de la FICM avant la Deuxième Guerre Mondiale est le rapport financier pour l’année se terminant le 30 juin 1939, publié par l’honorable trésorier, M. Marians, et le secrétaire général, T.W. Loughborough. Il date de mars 1940. Les avoirs se montent à £3,159.12. 6d, ce qui inclut la somme due au 30 juin de £488.2.2d, mais pas les meubles ou autres propriétés. Le trésorier demande instamment que ces dettes soient réglées le plus vite possible. Dès que celles-ci, ainsi que les souscriptions dues dès le 1er juillet 1939, seront réglées, la FICM ne requerra le paiement d’aucune charge jusqu’à ce que les hostilités aient cessé. Les souscriptions de la dernière année – payées ou dues – se montent à £495.12.10d, contre £523 l’année précédente. La «perte» de l’Autriche, du Luxembourg et de la Tchécoslovaquie, et la taxe réduite payée par l’Argentine, le Danemark et la Norvège, sont en partie compensées par l’arrivée des Indes néerlandaises, mais rendent le chiffre record de £546 (en 1935) pratiquement inatteignable. Le total de souscriptions doit en fait être diminué, puisque la Bulgarie et la Palestine ont été expulsées et que leurs dettes, de près de £100, ont été rayées. Cela réduit le surplus de l’année en cours à £85.1.5d, comparés aux £286 en 1937-38.
* Le Championnat d’Europe FICM se poursuit jusqu’en août avant d’être interrompu.  Les deux dernières manifestations, prévues en Suisse et en Italie, doivent évidemment être annulées. Ewald Kluge est de nouveau champion en 250cc et il est considéré le champion des champions ayant décroché le plus grand nombre de victoires – quatre.  Teodoro “Dorino” Serafini, pilote officiel Gilera, remporte la classe 500cc. Il signe trois victoires, le même nombre que Georg Meier, mais il a fait une deuxième place à Spa – alors que Meier n’a pas fait d’autre résultat. Finalement, en 350cc, un autre pilote DKW, Heiner Fleischmann, termine à la première place, juste un point devant Ted Mellors. Les Britanniques déposent une réclamation. Selon eux, étant donné qu’il n’y a que sept épreuves au lieu de neuf, seul quatre courses devraient compter, pas cinq (selon ce calcul, c’est Mellors qui serait champion). Mais aucune procédure n’est ouverte et les choses en restent là.
* Le 1 septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, déclenchant la Deuxième Guerre Mondiale. A Salzburg, les Six Jours ont commencé le lundi 21 août et les équipes britanniques et allemandes se livrent un combat acharné. Les pilotes sont informés qu’ils peuvent quitter la compétition et rentrer chez eux à tout moment s’ils en ressentent le besoin. Le jeudi 24 août, les britanniques et d’autres équipes le font alors que les équipes allemandes (évidemment) et italiennes continuent, et les Allemands remportent aussi bien le Trophée Mondial que le Vase d’Argent. Mais il semblerait que le Jury n’ait pas pu se réunir le dimanche 27 et n’a donc pas reçu les résultats officiels. Tout le monde est parti, les Trophées ont disparu et tout a été oublié jusqu’en 1946. 
* La finale mondiale de speedway prévue le 14 septembre est annulée. A Londres, le Speedway Control Board se réunit le 28 septembre. Il est décidé que les billets seront remboursés et que le titre de Champion du Monde restera vacant pour 1939. Les activités continuent en Angleterre pendant quelque temps encore, surtout en Speedway.

Photos Archives FIM - De haut en bas:
-1 Bruno, 1935
-2 Guthrie, 1935
-3 Van Praag, 1936
-4 1936
-5 Jack Milne, 1937
-6 1938
-7 Meier, 1939

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