1930 :
* Les papiers officiels de la FICM mentionnent, en ce début d’année 1930, les noms des 24 pays (dont une association) membres: Argentine, Autriche, Belgique, Empire Britannique (sic), Tchécoslovaquie, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Espagne, Suède, Suisse et Yougoslavie.
* Après six victoires consécutives pour l’équipe britannique au Trophée Mondial des Six Jours Internationaux, l’équipe italienne remporte sa première victoire en ISDT sur des parcours en France et en Italie (Miro Maffeis et Luigi Gilera font partie de l’équipe italienne).
* Pour le Grand Prix d’Europe FICM de 1930, le circuit de Spa-Francorchamps est de nouveau à l’honneur, cette fois avec davantage de pilotes inscrits. L’Irlandais Henry George Tyrell-Smith remporte la catégorie 500cc et le Britannique Ernie Nott la 350cc, tous les deux au guidon d’un Rudge, alors que Syd Crabtree remporte la 250cc pour la deuxième fois à bord d’un Excelsior JAP.
* Au sujet des records du monde, la procédure adoptée est la suivante: les demandes d’homologation doivent être examinées par le secrétariat et, si tout est en ordre, ils sont publiés en tant que records provisoires. Au bout de trois mois, si aucune réclamation n’est déposée, ces records deviennent officiels et définitifs.
1931 : Le premier Championnat d’Europe
* Le sous-comité chargé de rédiger les règlements du Championnat d’Europe de la Montagne se réunit au Royal Automobile Club de Belgique. Les classes sont les suivantes: motocycles jusqu’à 350 cmc, motocycles jusqu’à 1000 cmc et motocycles avec side-car jusqu’à 1000 cmc. Le calendrier est établi en huit manches entre mai et octobre. Une participation au minimum aux deux tiers des manifestations est exigée. L’échelle des points est la suivante: 6 points au vainqueur, 5 au 2e, 4 au 3e, 3 au 4e, 2 au 5e et à tous les autres pilotes qui ont fini l’épreuve; 1 point à ceux qui ont pris le départ, mais n’ont pas terminé. Chacun des trois champions recevra un diplôme et une médaille d’or.
* La 24e réunion de la CSI a lieu en octobre au siège de l’Automobile Club de France, à Paris. Le secrétaire général rapporte que dix inscriptions seulement ont été reçues pour le Championnat d’Europe de la montagne et qu’il a été difficile d’obtenir des rapports de la part des différents organisateurs. L’expérience de 1931 rend toutefois plus facile la supervision du championnat en 1932, et tout le monde est d’accord qu’il faut poursuivre.
* Le rapport des Six Jours, organisés en Italie, est accueilli avec enthousiasme par tous les délégués, y compris ceux qui étaient présents sur place. L’équipe italienne remporte le Trophée pour la deuxième fois et l’équipe des Pays-Bas sa première victoire au Vase d’Argent. Décision est prise d’éditer des règlements de base applicables à tous les Six Jours à l’avenir, quel que soit le lieu de leur organisation; ils pourront être complétés par des règles spéciales rédigées par l’union motocycliste nationale organisatrice, en accord avec les conditions nationales et locales C’est la première mention officielle du système qui prévoit des règlements FICM complétés par un règlement particulier, une formule toujours en vigueur à l’heure actuelle pour les championnats non gérés par un promoteur unique.
* Le délégué hollandais, M. Nortier, revient sur le sujet d’un Championnat d’Europe de vitesse, argumentant que sa proposition encouragerait les inscriptions et rendrait les courses les plus importantes vraiment internationales. Plusieurs délégués prennent la parole et se déclarent contraires à un tel projet. Le rapport précise que le moment n’est pas adéquat pour un tel projet, qui est reporté «sine die»…
* L’usage des titres Grand Prix et Tourist Trophy revient également sur le tapis. Il est considéré comme trop généralisé pour être restreint aux courses importantes, mais on s’accorde sur l’adjonction d’indications suffisantes pour différencier un Grand Prix ou un TT d’un autre, exception faite du TT de l’Ile de Man.
* La création du Comité technique est à nouveau l’objet d’une discussion, avant sa proposition devant le Conseil général. Le délégué suisse, M. Burin, explique la proposition et souligne la nécessité d’un tel comité, ce que conteste formellement le délégué britannique, M. Ebblewhite. Finalement, recommandation est faite qu’une telle entité devrait être un sous-comité de la CSI. Toujours la lutte de pouvoir et de contrôle...
* Le Secrétaire Général rapporte ensuite les contacts qu’il a eus avec la Federacion Deportiva National del Ecuador, sans pour autant recevoir de demande d’affiliation formelle.
* Le Grand Prix FIM a lieu en France, sur le circuit de Linas-Monthléry, construit en 1924. La course en est remportée en 175cc par le détenteur du record de vitesse sur terre, Eric Fernihough, au guidon d’un Excelsior-JAP, en 250cc par Graham Walker et en 350cc par Ernie Nott (tous les deux sur des Rudge officiels) et en 500cc par Percy Hunt.
1932 : Quel carburant doit-on autoriser ?
* Les règles du football à moto sont étudiées et comparées avec celles de l’ACU et l’UMF. Enfin, le Baron Ricci annonce que le Reale Moto Club d’Italia offre un trophée permanent pour la meilleure performance globale dans une course par une équipe nationale d’un pays membre le la FICM.
* Le Club Motocycliste Sportif Bulgare est officiellement admis comme nouveau membre de la FICM. Le délégué britannique, M. Marians, demande qu’une permission soit accordée au Sports Motor Cycle Club de Montréal (Canada) de pouvoir accepter les pilotes licenciés par l’American Motorcyclists Association dans les compétitions qu’il contrôle, même si l’AMA n’est présentement pas reconnue par la FICM. Suite à la discussion, il est décidé de considérer cette affaire comme interne, devant être réglée par l’ACU, qui présentera un rapport à la fin de l’année 1933.
* Après les victoires italiennes de 1930 et 1931, l’équipe britannique prend sa revanche à Merano, emportant le Trophée Mondial et le Vase d’Argent. Le Grand Prix FIM a également lieu en Italie, à Rome, sur le petit (3,277 mètres) autodromo del Littorio. Les Italiens font une grande impression en gagnant en 175cc (Carlo Baschieri sur un Benelli), en 250cc (Riccardo Brusi sur un Guzzi), et en 500cc (Piero Taruffi sur un Norton), le gagnant en 350cc étant le pilote français Louis Jeannin, au guidon d’un motocycle italien, le Jonghi TJ4.
* Le congrès d’automne se déroule à Paris début novembre. L’ordre du jour prévoit l’élection des membres du bureau central. Le Comte Albert Bonacossa reste président et les vice-présidents sont le Suisse Marcel Haecker, l’Allemand Ewald Kroth, l’Anglais Low, le Belge Lamborelle, le Français Augustin Pérouse et le Suédois Thomasson. L’honorable Arthur Stanley sera trésorier alors que Tom Loughborough reste secrétaire général. M. Longuemare est élu président honoraire.
* La première réunion de la commission technique a lieu à l’Automobile-Club de France. Le sujet principal de cette réunion est à nouveau l’utilisation du carburant, avec restrictions ou non. Les participants finissent par se mettre d’accord sur la décision suivante : chaque union motocycliste nationale doit, avant le 1er mars de chaque année, déclarer quel(s) carburant(s) pourra (ont) être utilisé(s) dans les courses internationales open (autres qu’une course de côte ou une tentative de record) qui se dérouleront sur son territoire.
1933 : Place au bilinguisme
* Le Conseil des délégués de la FICM se réunit le jeudi 5 mai. La discussion au sujet des carburants reprend de plus belle et révèle de sérieuses divergences. Les pays qui sont contre toute restriction, notamment l’Allemagne et l’Italie, confirment être prêts à accepter, dans certaines limites, divers types de carburants, ce qui, selon les opposants, est contraire aux recommandations adoptées par la commission technique.
* L’admission de l’Estonie est effectuée d’une manière peu commune. Le Moto-Club était dans l’attente de la lettre de reconnaissance de l’Auto-Club ; non seulement l’Auto-Club d’Estonie n’a pas donné cette lettre, mais il a créé sa propre division motocycliste, ce qui fait que c’est l’Esti Auto-Klubi, Motorrata Sektioon qui est admis au sein de la FIM, la demande du Moto-Klubi étant ainsi rejetée.
* Finalement, il est demandé formellement au secrétaire général de publier à l’avenir tous les rapports aussi bien en français qu’en anglais. Le rapport de cette séance est effectivement le premier des archives de la FIM entièrement rédigé dans les deux langues. A ce moment, les statuts prévoient que le texte français fait foi en cas de divergence, mais que les rapports de M. Loughborough font foi dans la langue de Shakespeare.
* Le congrès d’automne a lieu à Rome. Le calendrier 1934, ainsi que le code international des signaux par drapeaux pour les courses automobiles et motocyclistes sont établis en accord avec l’AIACR. Chaque drapeau doit avoir une taille minimum raisonnable, de l’ordre d’environ un mètre carré. Le drapeau jaune signifie « arrêt complet et immédiat », le drapeau bleu immobile « se ranger sur le côté le plus proche (gauche ou droite) », le drapeau bleu agité « danger » et le drapeau noir avec un numéro a la même signification qu’aujourd’hui, c’est-à-dire « arrêt immédiat de la moto portant ce numéro ».
* Dans le domaine sportif, les Six Jours ont lieu à Llandrindodd Wells (Pays de Galles), sur un site célèbre dans l’histoire de l'ISDT en raison des parcours plutôt difficiles et de la météo…
Malgré le fait de courir chez eux, l’équipe britannique perd la lutte contre l’Allemagne pour le Trophée Mondial mais garde le Vase d’Argent. Le Grand Prix FICM a lieu en Suède sur le circuit de Saxtorp. Le pilote britannique Charlie Dodson gagne la course en 250cc au guidon d’un New Imperial. La classe 350cc propose une bataille entre les pilotes officiels Norton Jimmy Simpson et Jimmy Guthrie. Simpson l’emporte avec une avance de 0,7 secondes devant Guthrie et tous les deux laissent le clan Husqvarna à dix minutes. La Suède est pourtant victorieuse en 500cc avec Gunnar Kalen au guidon de la Husqvarna, qui devance d’une minute le belge Leopold Demeuter à bord du FN.
* Sur proposition de la Belgique, il est décidé de créer une licence spéciale pour disputer les manifestations classiques à l’étranger ; c’est la création de la licence internationale de coureur. Il est également décidé, par six voix contre deux, d’inclure l’huile parmi les accessoires devant être déclarés lors des courses internationales. La marque doit être disponible sur le marché et fournie par le promoteur.
* En ce qui concerna le moto-ball, les délégués français et belges se sont mis d’accord sur des règles qui correspondent à peu près aux règlements anglais, sauf en celui concerne la dimension du ballon et le nombre de joueurs (!!). Le règlement de l’Union motocycliste de France date du 26 avril 1933.
* La Palestine est officiellement admise comme membre de la FICM.
1934 : La Roumanie, première fédération nationale
* Le développement des transports dans les années trente fait apparaître des situations nouvelles, notamment en ce qui concerne la bureaucratie. Ainsi, une sous-commission des douanes est formée et se réunit à Bruxelles le 7 mars. Après avoir examiné les conditions dans lesquelles sont délivrés les documents douaniers dans les 18 pays représentés à la FICM, on conclut qu’une collaboration étroite est nécessaire avec l’AIACR afin de résoudre les problèmes et harmoniser les procédures. Ce rapport est adopté lors du congrès qui se déroule à Genève.
* Une crise s’est déclarée au Luxembourg entre le club affilié MUL et une autre association formée récemment. Une crise menace également en Suisse, où des clubs non affiliés à l’UMS ont organisé leurs propres manifestations.
* Une demande d’affiliation, incomplète, est reçue du Moto Club Valparaiso du Chili. L’admission de la Lituanie est confirmée et le regroupement des divers moto-clubs de Roumanie sous la bannière de la “Fédération roumaine de motocyclisme” est entériné. (c’est la première mention d’une fédération nationale affiliée, en lieu et place d’un moto- ou d’un auto-club). En Allemagne, une lettre signée de l’Obergruppenführer Hühnlein, président de l’ONS, demande que cet organe remplace le DDAC comme membre de la FICM, puisque ce dernier est devenu une association constituante de l’ONS. L’ONS transmet par ailleurs une invitation à la FICM pour tenir le congrès de printemps 1935 à Berlin.
* La réunion de la CSI évoque la distance totale couverte durant les Six Jours Internationaux : 2500 km, soit plus de 800 km par jour ; les routes doivent être praticables par n’importe quel temps pour n’importe quel type de motocycle ; il est également décidé de changer l’ordre des départs chaque jour. Les Six Jours, qui ont lieu à Partenkirchen (Allemagne), voit une nouvelle victoire de l’équipe allemande au Trophée Mondial et de l’équipe britannique au Vase d’Argent.
* Le Grand Prix d’Europe FICM 1934 se déroule à Assen, sur l’ancien circuit de 16.5 km. Le pilote allemand Walfried Winkler, au guidon d’un DKW bicylindre à compresseur gagne la course en 250cc et Jimmy Simpson (Norton) en 350cc. Les pilotes belges remportent les deux autres classes : Yvan Goor (Benelli) gagne en 175cc, et Leopold Demeuter (FN) en 500cc devant son collègue Eric “Noir” Haps.
Photos Achives FIM - De haut en bas:
1- NSU, 1930
2- Trial, 30's
3- ISDT, 1931
News
Histoire FIM - Flash Back 1930-1934
