Les premiers véhicules créés à la fin du 19ème siècle ont immédiatement été utilisés pour courir sur des routes ou – s’ils existent – des circuits. Les premiers motocycles ne roulent pas très vite, mais en quelques années ils se mettent à atteindre des vitesses très élevées. L'idée d'utiliser une piste ovale ou d'athlétisme autour d’un terrain de football ou même un hippodrome vient très tôt. On en trouve mention en Californie en 1902, en Afrique du Sud en 1907 et à Ipswich, en Grande-Bretagne, autour du stade de football de la ville, en 1904.
Mais il est généralement admis que la première course, avec une vraie structure, est celle disputée en 1923 en Australie. Les Australiens retirent de la moto tout ce qui n’est pas essentiel afin de gagner du poids et courent avec ces machines sur des pistes ovales. La première mention fiable d’une manifestation de « dirt track » est celle disputée le 15 décembre 1923 à West Maitland, organisée par John Hoskins, qui est considéré comme le « père » des compétitions de Speedway.
Le succès est rapidement au rendez-vous et en à peine deux ans d’autres pistes apparaissent un peu partout en Australie. Des informations sont envoyées vers la Grande-Bretagne et l’idée vient d’y organiser une telle compétition. Elle est d’abord prévue en novembre 1927 mais la permission est refusée par les autorités. La course a finalement lieu à High Beech, le 19 février 1928.
La discipline se répand rapidement dans toute la Grande-Bretagne. En 1929, les courses diverses, en ligne ou à handicap, sont remplacées par un championnat similaire à celui du football, qui ouvre la porte au professionnalisme. La même année la discipline est introduite en Nouvelle-Zélande. L’introduction de ce sport dans d’autres pays n’obtient pas le même succès et au bout de deux ans, il n’est bien établi qu’en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Grande-Bretagne. Ensuite ces courses finissent par apparaître au Danemark et en Suède, puis en Norvège...
Cest l’ACU, chargée par la FIM des règlements et du contrôle de ce sport dès 1928, qui propose d'organiser un vrai Championnat du Monde en 1936, dont le point d’orgue est la première finale officielle prévue le 10 septembre au stade de Wembley, à Londres. La FIM crée une sous-commission, sous l'égide de la Commission Sportive Internationale, chargée de contrôler le Speedway.
Plusieurs finales ont eu lieu les années précédentes mais ne sont pas officiellement reconnues comme finales mondiales. Les participants sont nommés par leur Fédération nationale (ou club) : il n’est pas surprenant que la grande majorité de ces pilotes soient des Britanniques. Seize pilotes se qualifient pour la finale mondiale. Dans l’intention de récompenser les performances réalisées lors des manches de qualification, des points bonus sont ajoutés aux points obtenus par les pilotes lors de la Finale. L'Australien Lionel Van Praag remporte le premier titre, bien qu'il ait perdu sa confrontation directe avec son compatriote Bluey Wilkinson, qui remporte ses cinq courses. Les frères américains Jack et Cordy Milne comptent aussi parmi les premières stars de la discipline. En 1937, ils sont tous deux sur le podium : Jack remporte le championnat du monde et Cordy termine troisième, le Vice-Champion étant un autre Américain, Wilbur Lamoreaux. En 1938, c’est au tour de Bluey Wilkinson de gagner le titre devant Jack Milne et Wilbur Lamoreaux. La finale 1939 est annulée. La Deuxième Guerre mondiale vient d'éclater. Le meilleur qualifié est Cordy Milne, devant Eric Langton.
Après-Guerre
Il faut attendre 1949 pour revoir un Championnat du Monde. Changement : les points bonus sont supprimés. Le premier Champion d’après-guerre est Tommy Price. Par la suite, presque tous ceux qui triomphent le font à plusieurs reprises : Fred Williams (1950, 1953), l’australien Jack Young (1951, 1952), le néo-zélandais Ronnie Moore (1954, 1959) et Peter Craven (1955, 1962). En 1956, le premier champion du monde suédois est couronné: Ove Fundin. Il récidive en 1960, après trois places de vice-champion. 1961 est l'année de la première finale mondiale hors du Royaume-Uni, à Malmö, en Suède, où Fundin réussit la passe de trois à domicile. Il l'emporte à nouveau en 1963 et 1967. C'est aussi l'époque de l'éclosion d'un autre grand champion, le Néo-Zélandais Barry Briggs, vainqueur en 1957, 1958, 1964 et 1966. Le suédois Björn Knutsson fera exception avec un seul titre (1965).
Des pilotes des pays de l'Est commencent alors à émerger, en particulier en Pologne, où le Speedway est rapidement devenu le sport le plus populaire après le football, et en Union Soviétique. Les premiers à participer à une Finale sont Mieczislaw Polukard (12e avec 5 points) et Florian Kapas (réserve) en 1959, tous deux polonais – ils sont quatre à prendre part à la Finale en 1960. Ensuite c’est le tour du Russe Igor Pletchanov in 1961, qui sera Vice-Champion par deux fois, en 1964 et 1965. Après le dernier titre d’Ove Fundin en 1967, un autre pilote débarque de Nouvelle-Zélande : Ivan Mauger. Il sera le premier à remporter le titre trois fois d'affilée, en 1968, 1969 et 1970. En 1971, le premier champion du monde danois est Ole Olsen, qui bat Mauger à Göteborg. Mauger reprend le titre à Wembley en 1972, mais en 1973, la première finale en Pologne, à Katowice, récompense enfin la passion des Polonais pour ce sport, avec la victoire de Jerzy Szczakiel, devant Mauger et un autre polonais, Zenon Plech. En 1974, Mauger est à nouveau second derrière le suédois Anders Michanek. Ole Olsen gagne à nouveau en 1975 et 1978, le pilote britannique Peter Collins en 1976, tandis qu’Ivan Mauger ajoute encore deux victoires en 1977 et 1979, établissant un record de 6 titres.
Après le titre de Michael Lee, le début des années 1980 est dominé par les Américains, avec deux titres de Bruce Penhall en 1981 (dernière finale à Wembley) et 1982. En 1981 les trois titres de Speedway (individuel, paire et équipe) sont remportés par les Américains. En 1983 Egon Muller arrive du Long Track (trois fois Champion dans les années 70) pour faire triompher l'Allemagne en Speedway. Mais la fin de la décennie est danoise, avec Eric Gundersen et Hans Nielsen (trois titres chacun entre 1984 et 1989). Le suédois Per Jonsson s'impose en 1990, suivi du danois Jan-O. Pedersen, du britannique Gary Havelock en 1992, de l'américain Sam Ermolenko en 1993 et du suédois Tony Rickardsson qui remporte son premier titre lors de la dernière finale mondiale à Vojens en 1994.
À partir de 1995, le système des Grands Prix est introduit par la FIM. Hans Nielsen est le premier à en profiter. Puis viennent les américains Billy Hammil (96) et Greg Hancock (97). Vainqueur en 98, 99, 2001, 2002 et 2005, Rickardsson égale le record de Mauger avec six victoires. Les derniers vainqueurs sont Mark Loram (2000), Nicki Pedersen (2003, 2007 et 2008) et l'Australien Jason Crump (2004, 2006 et 2009).
Marc Pétrier
Photos John Chaplin :
1 :
Le Speedway arrive en Grande-Bretagne lors de la course de High Beech, près de Londres en 1928.
2 :
Pilotes au départ d'une série à Wembley en 1936. De g. à d. : Wal Phillips (Angleterre), George Newton (Angleterre), Dick Case (Australie), Frank Charles (Angleterre).
3 :
Le champion du monde 1938 Bluey Wilkinson, chez lui en Australie.
4 :
Barry Briggs (Nouvelle-Zélande) remporte son premier championnat en 1957. Derrière lui, Ove Fundin et Peter Craven.
5 :
Ove Fundin en action.
6 :
Barry Briggs (à g.) et Ivan Mauger en 1969.
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