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Dominique Meliand, team manager du Suzuki Endurance Racing Team, Champion du Monde FIM Qtel d’Endurance 2008.


Press FIM Endurance : cette saison a-t-elle été plus difficile que les autres ?

Dominique Méliand : « Toute saison a son lot de difficultés. Il n’y a rien de gagné d’avance. Une saison de compétition est toujours difficile car, même quand on a l’impression que tout se passe bien, il faut rester vigilant, attentif et tout calculer au point près sinon on se ramasse. Cette saison, on a fait une petite bêtise par ci, on a eu un petit ennui mécanique par là, cela a rendu les choses un peu plus difficiles, mais la saison n’a pas été pire que d’autres. Il fallait simplement ne pas faire d’erreurs.

Le problème technique, c’est un alternateur défaillant à Suzuka. Cela ne nous est pas arrivé depuis des années. Bien sûr, nous n’aurions pas gagné à Suzuka. Mais nous aurions pu faire sixième ou septième ce qui est important dans un championnat où chaque point compte.

La petite erreur est celle de Matthieu (Lagrive qui a chuté à Oschersleben à mi-course) qu’il a fait par déconcentration ou par excès de bonheur et d’euphorie en raison de sa pole position. Cela ne retire rien aux capacités de pilotage de Matthieu. Il a fait une bêtise. Il le sait car quand il est remonté sur la moto, il m’a dit « de toute façon, on sera dans les points et sur le podium ». Il est reparti le couteau entre les dents pour essayer de gommer son erreur »
 

Press FIM Endurance : la blessure de Vincent Philippe à Suzuka a du aussi perturber l’équipe ?

Dominique Méliand : « Oui mais cela fait partie d’une saison de compétition et il a fallu faire avec cette blessure. Compte tenu de ses petits aléas, la saison a été rondement menée car personne n’a baissé les bras dans l’équipe. Quand il y a eu chute ou problème, ils ont tous remis le couvert. Finalement, c’est une saison positive »
 

Press FIM Endurance : au Bol d’Or, la concentration de l’équipe du SERT était palpable ?

Dominique Méliand : « Je voulais ce titre avant d’aller au Qatar. Il y avait donc un enjeu important au Bol d’Or. Ça s’est vu dans le pilotage des gars et dans l’attention de l’équipe technique dans les stands. On a limité les risques avec la victoire comme objectif. Dans ces cas-là, il faut canaliser la fougue et les envies de chacun »
 

Press FIM Endurance : Quel est le secret de longévité de l'endurance mondial ?

Dominique Méliand :
« Difficile de répondre ! C’est le travail ! Que l’on perde où que l’on gagne, cela représente la même somme de travail. Si on perd, cela ne veut pas dire qu’on a travaillé moins. C’est simplement que la course en a décidé autrement. Certains ont presque trente ans de maison au SERT et y croient toujours. Ils ne sont pas saturés de travail, ni de victoires. On a une bonne moto, de bons pilotes et un bon staff technique. J’insiste sur ce staff technique car, si ce n’est pas lui qui est assis sur la moto pour tourner la poignée, c’est la première pierre que tu poses pour bâtir l’édifice de ces vingt-neuf années de compétition. Les pilotes doivent être confiants et sont conscients de leur travail. Cette longévité vient aussi du fait que tous tirent dans le même sens et n’hésitent pas à se remettre en cause. Mais nous ne resterons pas toujours sur la plus haute marche. Il y a bien un moment où nous allons perdre en travaillant autant. On y pense tous les ans. Mais je suis heureux de me tromper cette année encore ! »
 

Press FIM Endurance : quels sont les projets 2009 ?

Dominique Méliand :
« Logiquement, nous reprenons le même programme que cette saison. Mais nous attendons les directives de notre directeur du Japon car la conjoncture n’est pas réjouissante. La compétition est le premier maillon qu’on fait sauter quand on a des difficultés financières »

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