Le pilote VR46 est rejoint sur le podium par Mir et Aldeguer, mais une pénalité de pression des pneus après-course infligée au champion du monde 2020 permet à Bagnaia d’être promu sur le podium.
Fabio Di Giannantonio s’impose en MotoGP pour la première fois depuis 2023, après être sorti victorieux d’un dramatique GP de Catalogne. La star de l’équipe Pertamina Enduro VR46 est remontée en tête du peloton dans les derniers instants pour devancer ses compagnons de podium Joan Mir (Honda HRC Castrol) et Fermin Aldeguer (BK8 Gresini Racing MotoGP). Par la suite, Mir a reçu une pénalité de temps pour non-conformité de la pression des pneus, ce qui a propulsé Pecco Bagnaia (Ducati Lenovo Team) à la troisième place et Aldeguer en P2.
Jorge Martin (Aprilia Racing) et Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing) ont été les principaux pilotes à partir à la faute lors du restart de 13 tours. Nous adressons par ailleurs nos meilleures pensées à Alex Marquez (BK8 Gresini Racing MotoGP) et Johann Zarco (Castrol Honda LCR), qui ont tous deux subi de lourdes chutes lors d’incidents distincts ayant entraîné des drapeaux rouges.
LES 11 PREMIERS TOURS
Avant que les feux ne s’éteignent pour la première fois, Brad Binder (Red Bull KTM Factory Racing) a rencontré un problème sur la grille et a dû être ramené pour un départ depuis la voie des stands, tandis que son coéquipier Acosta signait l’envol parfait qu’il espérait. Le n°37 a pris les commandes devant Alex Marquez, mais le vainqueur du Sprint s’est fait quelque peu bousculer durant le reste du premier tour. Raul Fernandez (Trackhouse MotoGP Team) a bondi sur l'occasion, puis Martin a forcé le passage sur son compatriote au virage 7 – un dépassement marqué par un contact. Zarco a lui aussi réalisé un départ canon, mais le Français a bien failli finir prématurément sa course après une grosse chaleur au virage 10.
C’est bon, vous avez pu reprendre votre souffle ? Non, nous non plus. Acosta comptait 0,7 seconde d’avance, tandis qu'Alex Marquez se regroupait avant d’attaquer Fernandez. Cependant, l’attaquant est rapidement devenu l’arroseur arrosé. Zarco s’est infiltré de manière agressive devant Marquez au virage 5 lors du troisième tour et, immédiatement après, Martin a trouvé l’ouverture sur Marquez pour reléguer rapidement l’Espagnol au cinquième rang.
Au tour suivant, Martin (au virage 1) et Marquez (au virage 5) sont parvenus à repasser devant Zarco pour s’emparer des P3 et P4, mais à cause de ces bagarres, Acosta et Fernandez comptaient désormais une seconde d’avance. Et au cinquième tour, ce sont ces deux hommes qui se sont retrouvés au cœur de l'action. Fernandez a décidé qu’il voulait prendre les rênes du Grand Prix, le n°25 signant une manœuvre classique mais imparable au virage 1 sur la star de chez KTM.
Marco Bezzecchi (Aprilia Racing), le leader du championnat avant la course, évoluait en P8 avant de commettre une grosse erreur au virage 10 lors du cinquième tour. Cela a glissé l’Italien derrière son compatriote Francesco Bagnaia (Ducati Lenovo Team), le duo pointant aux P11 et P12 dans les premiers instants.
Le septième tour a vu Acosta tenter une nouvelle estocade pour reprendre la tête, mais Fernandez a répliqué immédiatement. Deux tours plus tard, Acosta a retenté sa chance au virage 1 – et cette fois, le pilote Trackhouse n’a rien pu faire. Tout en pensant à reconquérir la première place, Fernandez devait également surveiller un Marquez de plus en plus menaçant, car ce dernier s'était invité dans la lutte pour la victoire.
La P3 est devenue la P2 pour Marquez à l’amorce du virage 1 au dixième tour, et à ce stade du Grand Prix, le pilote qui semblait le plus à son aise n'était autre que le vainqueur du samedi.
Puis, un énorme coup de théâtre s’est produit au douzième tour. Acosta, en sortant du virage 9, a été victime d’un problème technique en pleine ligne droite, ne laissant aucune échappatoire à Alex Marquez alors que la KTM perdait toute sa puissance. Le n°73 a percuté l’arrière d’Acosta, provoquant une lourde chute de Marquez dans un crash spectaculaire. Le contact inévitable entre les deux machines a jonché la piste de débris, que Fernandez et Di Giannantonio n’ont pu éviter. Di Giannantonio a fini par partir à la faute au virage 10, piégé par les morceaux de la moto de Marquez. Les deux pilotes ont réussi à regagner la pit-lane et étaient autorisés à prendre le départ du restart. Marquez – dont l’état de conscience a été confirmé – a été transporté à l’hôpital pour des examens médicaux approfondis. Il a été confirmé plus tard qu’il souffrait d’une fracture de la clavicule ainsi que d’une légère fissure de la vertèbre C7, le n°73 rassurant néanmoins ses fans avec une photo miraculeuse montrant un pouce levé sur Instagram.
Di Giannantonio, Fernandez et Zarco – lui aussi pris dans les débris de la chute – étaient tous aptes pour le nouveau départ.
LE PREMIER RESTART
Les guerriers du MotoGP se sont alignés sur la grille pour une course de 13 tours, les positions de départ étant déterminées par le classement du dernier tour complet validé. La première ligne était donc composée d’Acosta, Fernandez et Martin.
À l’extinction des feux vers le virage 1, Acosta a signé le holeshot juste avant que trois pilotes ne partent à la faute dans le premier virage. Luca Marini (Honda HRC Castrol), Bagnaia et Zarco sont tous allés au tapis, un incident qui a immédiatement provoqué la sortie du drapeau rouge. Marini et Pecco ont heureusement pu se relever par eux-mêmes, tandis que Zarco s’est malheureusement retrouvé piégé sous la moto de Pecco dans le bac à gravier. L'équipe LCR a confirmé que Zarco avait été transféré à l’hôpital local pour examiner une blessure à la jambe gauche, avant que le n°5 n’indique lui-même sur ses réseaux que tout allait globalement bien, malgré une petite fissure et des lésions ligamentaires au genou.
LE SECOND RESTART
Pour 12 tours, la grille restait inchangée par rapport au second drapeau rouge. Une fois de plus, Acosta a conservé la P1, Martin s’installant en P2. Fernandez pointait en P3 mais au virage 5, le contact a eu lieu. Fernandez, à l’intérieur de Martin, a dû redresser sa machine après que les deux hommes se sont touchés, les envoyant tous deux dans le gravier. Martin s’est retrouvé au sol mais a réussi à repartir ; les Aprilia se retrouvaient cependant reléguées aux P18 et P19.
Aux avant-postes, Acosta menait devant Mir et Pecco, tandis que Di Giannantonio occupait la P4. Bezzecchi était P8, juste derrière Ai Ogura (Trackhouse MotoGP Team).
Au quatrième des 13 tours, Di Giannantonio a pris le meilleur sur Pecco pour s’emparer de la P3, alors que le trio de tête commençait à creuser l’écart sur le pilote officiel Ducati. La P4 s’est ensuite transformée en P5 pour Bagnaia, équipé du pneu arrière médium, lorsque Aldeguer a fondu sur lui au virage 4 lors du septième tour.
À cinq tours de la fin, Di Giannantonio a jugé que le moment était venu de déposséder Mir de sa deuxième place. Une manœuvre couronnée de succès. Les trois hommes de tête se tenaient dans un mouchoir de poche à Barcelone, tandis qu’Aldeguer et Ogura opéraient une jonction rapide sur les leaders. Bientôt, les cinq premiers se sont retrouvés regroupés en un seul groupe.
À trois tours du terme, le commandement a changé de mains pour la première fois. Au virage 10, encore une fois, Di Giannantonio a placé sa Ducati à l’intérieur d’Acosta et, en maintenant sa trajectoire à l’intérieur du virage 12, a validé son dépassement.
En l’espace d’un demi-tour, Di Giannantonio a creusé un écart de 0,6 seconde sur Acosta, Mir, Aldeguer et Ogura. Acosta ne semblait pas avoir les armes pour répliquer. Au contraire, sa tâche s’annonçait rude pour contenir Mir, Aldeguer et Ogura derrière lui.
Une mission qui s'est avérée impossible. Mir s'est emparé de la P2 au virage 1 dans l’ultime boucle, et Aldeguer s’est engouffré au virage 3. Di Giannantonio était hors de portée à l'avant et, le temps manquant pour réagir, les espoirs de podium d’Acosta semblaient s’être envolés. Et dans le dernier virage, ce fut définitivement le cas.
Ogura, dans une tentative rappelant celle de Rossi en 2009, est allé au contact avec la star de chez KTM, provoquant la chute d’Acosta. Une fin de Grand Prix catastrophique pour le jeune Espagnol, qui a vu la victoire et le podium lui échapper de manière dramatique.
Di Giannantonio a ainsi décroché son premier succès sous les couleurs de la VR46, sa première moisson de 25 points depuis le GP du Qatar 2023 – un travail d’orfèvre pour l’Italien qui roulait pourtant diminué après le premier incident sous drapeau rouge. Mir et Aldeguer ont franchi la ligne dans la roue du n°49. Cependant, la joie fut de courte durée puisque Mir a écopé d’une pénalité de pression des pneus après la course, ce qui a promu Bagnaia sur la troisième marche du podium. La manœuvre d’Ogura dans le dernier virage a incité les commissaires à lui infliger une pénalité de trois secondes, l’équivalent d’un Long Lap, faisant reculer le n°79 à la P9, devenue ensuite la huitième place après l’application de la sanction de Mir.
Tandis que Pecco récupérait la troisième place, d’autres pilotes ont été placés sous enquête pour des pressions de pneus non conformes, notamment Toprak Razgatlioglu (Prima Pramac Yamaha MotoGP) et son coéquipier Jack Miller, Raul Fernandez et Alex Rins (Monster Energy Yamaha MotoGP). La P5 s’est transformée en P4 pour Bezzecchi ; après un week-end difficile et suite à la chute de Martin, cela pourrait s’avérer une opération très payante pour l’Italien. Fabio Quartararo (Monster Energy Yamaha MotoGP), Marini, Binder, Ogura pénalisé, Diogo Moreira (Pro Honda LCR) et Morbidelli complétaient le top 10.
Les derniers pilotes à entrer dans les points étaient Rins, Franco Morbidelli (Pertamina Enduro VR46 Racing Team), Maverick Viñales (Red Bull KTM Tech3), Miller et Razgatlioglu.
Gonzalez fait parler la poudre et bat Vietti à Barcelone
Manuel Gonzalez (Liqui Moly Dynavolt Intact GP) accroît son avance en tête du Championnat du Monde Moto2 après que l’Espagnol et Celestino Vietti (Beta Tools SpeedRS Team) nous ont offert une somptueuse explication pour la victoire à Barcelone. Quelques dixièmes seulement séparaient les deux hommes sur la ligne, tandis qu’Izan Guevara (BLU CRU Pramac Yamaha Moto2) signait une superbe remontée depuis la P11 sur la grille pour s’offrir un podium à domicile.
L'explication pour le holeshot a opposé Vietti à Gonzalez et, au virage 2, c’est l’Italien qui a viré en tête, alors que Collin Veijer (Red Bull KTM Ajo) chutait à la P10 après s’être élancé de la deuxième place de la grille. Ivan Ortola (QJMOTOR – Bordoy – MSI) a réussi son envol, le pilote monté sur le podium au Mans s’installant en P3, pendant que Guevara et David Alonso (CFMOTO Impulse Aspar Team) effectuaient une belle incursion dans le top 7 alors qu’ils s’élançaient hors du top 10.
Guevara a fini par trouver l’ouverture sur Alonso Lopez (ITALJET Gresini Moto2) pour le gain de la P4 dans les premiers tours, Alonso et son coéquipier Daniel Holgado prenant également l’ascendant sur Lopez, ce dernier pointant juste derrière le Colombien. Ensuite, Senna Agius (Liqui Moly Dynavolt Intact GP) a fait perdre une place supplémentaire à Lopez pour s’installer en P7.
Une joute spectaculaire a opposé Agius à Alonso pour la P6 aux septième et huitième tours, pendant qu'aux avant-postes, Vietti haussait le rythme. Au dixième tour, le poleman comptait 0,7 seconde d’avance sur Gonzalez et Ortola, Guevara pointant à 0,9 seconde de plus en P4.
À la mi-course, l’avance de Vietti a fondu de quelques dixièmes. Gonzalez tenait toujours la P2, Ortola restant blotti dans la roue du leader du championnat en P3. Mais à cinq tours de l’arrivée, les espoirs de victoire de ce dernier semblaient s’évanouir. Ortola a concédé 1,5 seconde de retard sur le deuxième, Gonzalez, qui pour sa part restait collé aux basques de Vietti.
Puis, à trois tours du drapeau à damier, Gonzalez a porté son attaque au virage 1. Vietti avait connu quelques alertes avec l'arrière de sa machine au tour précédent, et la question était maintenant de savoir si l’Italien parviendrait à répliquer.
Vietti ne laissait pas Gonzalez s’échapper, les deux hommes continuant de faire glisser leur pneu arrière Pirelli. Les trois dixièmes d'avance à l’amorce du dernier tour allaient-ils suffire à Gonzalez ? Le virage 10 se profilait, mais Vietti n’était pas assez proche pour tenter une attaque. Une tentative au virage 14, peut-être ?
Il aurait fallu un freinage venu d’ailleurs, car Vietti était trop loin. Gonzalez a résisté au n°13 pour s’offrir une magnifique deuxième victoire cette saison, avec seulement 0,2 seconde d’écart entre les deux hommes. Guevara a refait son retard pour déborder Ortola dans la lutte pour le podium, la cinquième place revenant au vainqueur du GP de Catalogne 2025, Holgado.
Alonso complétait le top 6, Filip Salač (OnlyFans American Racing Team) s’offrait une solide P7, tandis que Lopez devait se contenter de la P8 devant l’impressionnant rookie Luca Lunetta (Beta Tools SpeedRS Team). Il s'agit du meilleur résultat de l'Italien en Moto2 à ce jour, Agius devant pour sa part se contenter de la P10.
Gonzalez se rendra à Mugello avec une avance de 18,5 points au classement général, Guevara restant son plus proche poursuivant. Nous avons hâte de vivre la suite au GP d’Italie. Retrouvez l’intégralité des résultats de la Moto2 ici et rendez-vous en Italie !
Quiles impérial lors d’une explication dantesque dans le dernier virage à Barcelone
Trois victoires de rang et une avance de 64 points après six Grands Prix : Maximo Quiles (CFMOTO Gaviota Aspar Team) s’est de nouveau montré intouchable en concrétisant ce dimanche de course à Barcelone. Bien qu'il ait semblé que ses rivaux pouvaient prendre l’ascendant ce week-end, le n°28 a résisté à une attaque suicide de David Muñoz (LIQUI MOLY Dynavolt Intact GP) dans le dernier virage de l’ultime tour pour s’assurer la victoire, tandis qu'Alvaro Carpe (Red Bull KTM Ajo), remonté depuis la 13e place, a coiffé Muñoz sur la ligne pour s'emparer de la deuxième place.
À l’extinction des feux, le poleman Brian Uriarte (Red Bull KTM Ajo) a réalisé un départ exceptionnel pour s’offrir le holeshot, menant le premier tour pendant que le leader du championnat, Quiles, se battait avec Hakim Danish (AEON Credit – MT Helmets – MSI) pour une place dans le top 5. Comme toujours à Barcelone, le phénomène d'aspiration s’est avéré capital et la traditionnelle bataille de la Moto3 a donné lieu à de nombreux dépassements dans la ligne droite principale. Un groupe de tête de neuf pilotes s’est rapidement formé, au sein duquel David Almansa (LIQUI MOLY Dynavolt Intact GP), son coéquipier Muñoz, Adrian Fernandez (Leopard Racing), Danish, Jesus Rios (Rivacold Snipers Team), Uriarte, Quiles, Carpe, Valentin Perrone (Red Bull KTM Tech 3) et Veda Pratama (Honda Team Asia) se sont rendu coup pour coup.
À la mi-course, Uriarte avait repris les commandes devant Almansa, tandis que Muñoz s’expliquait fermement avec Fernandez dans des scènes qui rappelaient celles de Jerez à la fin du mois d’avril. Pendant ce temps, les luttes en tête ont permis au second peloton de recoller, emmené par Marco Morelli (CFMOTO Gaviota Aspar Team) et Casey O’Gorman (SIC58 Squadra Corse), l’Irlandais s’étant élancé de la 24e place sur la grille pour se mêler à la lutte.
À quatre tours de l’arrivée, après s’être calé en embuscade pour observer ses rivaux, Quiles est passé à l'offensive et a pris la direction des opérations, entamant une intense passe d'armes avec Almansa, Danish, Uriarte and Muñoz. À deux tours du but, l’issue restait totalement indécise, mais la messe était dite pour Rios, victime d’une chute au virage 10 dans l’avant-dernier tour. À l’avant, c’est Quiles qui a abordé le dernier tour en leader et, après que le patron du championnat a tenu bon au virage 5 puis au virage 10, tout s’est joué dans l’ultime courbe. Muñoz était idéalement placé et a plongé à l’intérieur, s'emparant de la première place « à la Rossi ». Ce ne fut pourtant pas suffisant, une petite alerte sur l'avant permettant à Quiles de bénéficier d'une meilleure relance vers la ligne pour aligner sa troisième victoire consécutive. Carpe a sauté Muñoz sur la ligne pour offrir un podium 100 % espagnol pour la deuxième fois de la saison.
Derrière le trio de tête, Uriarte a décroché son meilleur résultat en terminant quatrième devant Almansa, tandis que Morelli coupait la ligne en sixième position. Danish repart avec son meilleur classement à ce jour en P7. Pratama s’est classé meilleur pilote Honda au huitième rang, tandis que Fernandez préserve sa deuxième place au championnat mais doit se contenter de la P9, se retrouvant désormais relégué à 64 longueurs de Quiles. O’Gorman complétait le top 10 au terme d’une très solide prestation pour le n°67.
Voilà tout ce qu'il fallait retenir de Barcelone pour la Moto3, découvrez l’intégralité des résultats ici pour connaître tous les pilotes récompensés, et rendez-vous à Mugello !
