En 1963, la dernière course de la saison était aussi le premier Grand Prix du Japon, à Suzuka. Honda était déjà l'un des grands constructeurs, détenant les titres 125cc et 250cc depuis 1961 et 350cc depuis 1962.
Mais en 1963 le titre 125cc était perdu au profit de Suzuki et de Hugh Anderson, qui courait sur un moto deux-temps. Soichiro Honda était un fervent admirateur de la carburation quatre temps, mais il savait que ce serait difficile de résister, en particulier dans les petites cylindrées. En 250cc, Yamaha était en train de construire une machine deux temps très rapide, qui terminait à la deuxième place à deux reprises (au TT et à Assen) avec sur sa selle le Japonais Fumio Ito. La semaine suivante, il remportait la course sur le circuit ultrarapide de Spa-Francorchamps. À Suzuka, Jim Redman s'imposait avec le quatre cylindres Honda, suivi d'Ito et d'un jeune pilote appelé Phil Read. Tous les deux pilotaient la RD56 4-cylindres deux-temps Yamaha. La menace se rapprochait. Le titre 250cc 1964 revenait à Read, de peu, malgré l'extraordinaire prouesse mécanique qu'était la mise à disposition de Redman, pour le Grand Prix des Nations, à Monza d'une machine propulsée par un moteur quatre temps de six cylindres ! Mais cela n'était pas suffisant : Redman prenait la tête de la course, mais aux abords de l'arrivée, sa machine perdait la puissance. La course était remportée par Read, ainsi que le titre.
Le moteur six cylindres fabriqué par Honda était une œuvre fantastique d'ingénierie et des technologie, peut-être à l'exception de son système de refroidissement par air. Il ne faut pas oublier que nous n'étions qu'en 1964. Ce moteur était fantastique à voir, mais aussi à entendre. Aujourd'hui, c'est souvent vers ces machines que se dirigent toutes les attentions lors des rassemblements de motos anciennes. Il disposait d'une puissance de 54,3 CV à 17500 tr/min et d'une boîte de vitesses à sept rapports. La version développée en 1966 pour Mike Hailwood gagner deux chevaux à 18000 tours…
Jim Redman était seul dans l'équipe pour la saison 1965, dans les catégories 250 et 350, il n'y a pas eu de miracle. Lorsqu'il remportait sa première course, au TT de l'île de Man, Phil Read en était déjà à quatre succès, et il allait remporter son deuxième titre dans la catégorie. Pour ce qui concerne Redman, il terminait à la quatrième place en 350. Cependant, durant les saisons 1966 et 1967, Honda remportait le titre dans les deux catégories. La 250cc RC166 et la 350cc RC174 était presque imbattable avec au guidon Mike Hailwood, avant que tout se termine de manière abrupte en février 1968. Honda se retirait, le règlement était modifié et c'était la fin de la Grande époque des six-cylindres en Grand Prix.
Text Marc Pétrier - Photo FIM/Maurice Büla collection
