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Dakar: Kevin Benavides remporte l'édition 2023 pour 43 secondes


Kevin Benavides a décroché la dernière spéciale avec 55 secondes d'avance sur Toby Price en troisième position. L'Argentin a battu l'Australien pour remporter son deuxième Dakar (après 2021) ! Skyler Howes termine à la troisième place.

Classements

La 45e édition du Dakar s’est achevée à Dammam après 14 étapes et c’est un dénouement fou qui s’est joué avec, pour la première fois dans la catégorie, la prise de pouvoir le dernier jour de Kevin Benavides, délogeant Toby Price du sommet du classement général pour terminer avec le plus petit écart final jamais enregistré sur le Dakar : 43 secondes.

MOTOS : POUR UNE POIGNÉE DE SECONDES
Du jamais vu. Jamais un motard n’avait perdu la tête du général dans la dernière spéciale du Dakar. Et jamais l’écart entre le vainqueur et son dauphin à l’arrivée n’aura été aussi serré. Un scénario inédit mais pas imprévisible. Car l’écart hier entre Toby Price et Kevin Benavides était déjà historique : 12 secondes entre les deux coéquipiers de chez KTM.

Le Dakar le plus long disputé en Arabie Saoudite s’est donc finalement joué au sprint. Un exercice dans lequel les deux ex-enduristes excellent autant l’un que l’autre. Price avait ainsi ouvert la 45e édition en remportant le prologue avant de se faire discret mais toujours placé, à l’image de l’Argentin qui ne sortit du bois que pour remporter l’étape 13 et fondre sur l’Australien.

Le finish s’est apparenté à un saut de haies, matérialisé par les way points. De sa propre analyse, Price a perdu le Dakar en trébuchant à deux reprises. Kevin avoue avoir fait une fois demi-tour pour aller valider un way point… Toby trois fois. À l’arrivée, l’Argentin rejoint le clan des double vainqueurs du Dakar (2021 et 2023) pour 43 secondes de mieux que son nouveau pair (2016 et 2019). Il rejoint Auriol, Rahier, Meoni, Price et Sunderland. 100e l’an dernier après une casse moteur, le nouveau vainqueur recruté par KTM après son succès sur Honda met fin à trois années en rouge sur le Dakar.

Après deux victoires de Honda et celle de GasGas l’an passé, la marque orange de Mattighofen reprend la main et signe son 19e succès. Un doublé sur le podium accompagné du cousin de chez Husqvarna. Skyler Howes est mal récompensé de ses efforts sur son 5e Dakar. L’Américain a porté le poids du statut de leader du général durant six jours avant de se faire coiffer au poteau. Mais il monte avec fierté et avec l’avenir devant lui pour la première fois sur le podium, la 5e fois pour un Américain.

Ce Dakar 2023 a un goût de revanche des damnés de l’édition précédente. Price avait en effet perdu gros dès le début, dans l’impossibilité de finir mieux que 10e, son plus mauvais résultat de finisher, Howes sortait sur chute et Kevin Benavides était trahi par sa mécanique. Cette fois, le Dakar n’a pas souri à la majorité des têtes d’affiche de 2022. La moitié du Top 10 de l’an dernier n’a pas vu l’arrivée. Et pas des moindres. Sunderland le tenant du titre sortait dès l’étape 1. Le lendemain, c’est Brabec qui chutait lui aussi, puis Barreda dans l’étape 8. Dans la 13, Mason Klein le meilleur rookie arrivé 9e à Jeddah qui avait occupé la tête du Dakar cette année à l’étape 2 jetait l’éponge tandis que Walkner, sur le podium l’an dernier, chutait à la veille de l’arrivée.

Trois autres pilotes officiels ont fait les frais de ce Dakar rugueux. Joaquim Rodrigues de Hero et Harith Noah de chez Sherco s’étaient déjà ajoutés à la liste des blessés dans l’étape 4. Rui Gonçalves le coéquipier de l’Indien abandonnait à l’étape 6. A la course par élimination, Honda place trois de ses quatre pilotes officiels dans le Top 10. Quintanilla termine au pied du podium devant Van Beveren tandis que Cornejo est 8e. Luciano Benavides, recordman de victoires de spéciales cette année avec 3 succès sur sa HVA est 6e. Daniel Sanders, de nouveau grand animateur du début de la course avant d’être rattrapé par des pépins physiques est 7e. Lorenzo Santolino, 11e l’an passé, a patiemment joué la montre sur sa Sherco pour remonter 9e et renouer comme en 2021 (6e) avec le Top 10. Et Franco Caimi ferme la dizaine au guidon de sa Hero et permet aux 6 marques officiellement engagées sur cette 45e édition d’être toutes représentées.

Rally2 : « Dudu », rapide et solide
Après la sortie prématurée sur chute de Bradley Cox, les prétendants à la catégorie Rally2 se sont vite affirmés. Paolo Lucci et le rookie Michael Docherty d’abord, Romain Dumontier touché par une grippe prenant dans un premier temps son mal en patience. Mais l’Italien comme le Sud-africain sont partis à la faute en chutant chacun leur tour les premiers jours, laissant le rouleau compresseur français poursuivre un parcours sans faute sur un rythme qui l’a placé régulièrement parmi les temps des RallyGP. Après une première victoire en spéciale dans l’étape 4, « Dudu » prenait la tête de la catégorie le lendemain jusqu’à l’arrivée. Seul son coéquipier Docherty lui contesta par la suite deux spéciales dans l’Empty Quarter, le terrain de jeu d’adoption du résident des Emirats.

À l’arrivée, le trio signe un tir groupé à partir de la 14e place. 16e au scratch, Docherty est aussi le meilleur rookie de cette édition. En Original by Motul, les motards sans assistance au bivouac, le favori au classement de cette catégorie était le Sud-africain Charon Moore, 4e l’an passé pour sa première participation. Il s’impose après une belle explication avec l’Espagnol Javi Vega sur lequel il a pris l’avantage dans l’avant-dernière spéciale. Le vétéran Mario Patrao au statut de Légende ferme le podium. 15 Original by Motul sont venus à bout du Dakar le plus difficile de la saga saoudienne.

Parmi eux, la féminine Kirsten Landman. La compatriote du vainqueur de la catégorie est la seconde féminine au classement dédié aux dames, remporté par la Hollandaise Mirjam Pol. Les vainqueurs Rally2, Original by Motul, féminine et le meilleur rookie roulaient tous au couleurs du HT Rally Raid Husqvarna Racing. Un carton plein pour l’équipe de Henk Hellegers et ses pilotes privés… mais pas de talents ! Il n’y a guère que le classement du meilleur junior qui lui échappe. C’est le Français Jean-Loup Lepan de Nomade Racing, 4e Rally2  en 17e position qui l’emporte.

MOTO
1 Kevin Benavides (ARG) RED BULL KTM FACTORY RACING
2 Toby Price (AUS) RED BULL KTM FACTORY RACING, à 43''
3 Skyler Howes (USA) HUSQVARNA FACTORY RACING, à 5'04''

QUADS : GIROUD POUR L’HONNEUR DES BLEUS
Vainqueur en 2021, Manuel Andujar avait quitté le Dakar 2022 sans pouvoir défendre sa couronne. L’Argentin avait abandonné dans l’étape 6 sur une chute qui avait détruit son quad. Cette année, il comptait prendre sa revanche sur Alexandre Giroud qui en avait profité pour lui ravir la coupe.

Quelques semaines après la finale de la coupe du monde de football disputée par la France contre l’Argentine, le duel annoncé entre les deux derniers vainqueurs du Dakar avait une double saveur de match retour !

Mais cette année encore, le compatriote de Messi n’atteint pas son but. Déjà très retardé par un ennui mécanique dans l’étape 3, le moteur de son quad l’a contraint à rejoindre les vestiaires dans l’étape 11. Francisco Moreno Flores prenait la pointe de l’attaque argentine, mais la montre jouait contre lui, l’avance du Français lui permettait déjà de jouer en défense. Pour l’honneur, le Brésilien Marcelo Medeiros pénalisé par une journée non terminée portait quatre assauts d’affilée, sans influence sur le général. Alexandre Giroud conserve sa couronne. Le pilote des bleus de Yamaha réalise un doublé consécutif que seul l’Argentin Alejandro Patronelli avait réalisé avant lui (2011-2012).

QUAD
1 Alexandre Giroud (FRA) YAMAHA RACING - SMX - DRAG'ON
2 Francisco Moreno (ARG) DRAGON, à 43'11''
3 Pablo Copetti (USA) DEL AMO MOTORSPORTS BY MOTUL, à 1h52'55''

Les réactions du jour

Kevin Benavides : « Un Dakar complètement fou »
« Ce matin, je n’avais absolument rien dans ma tête, simplement de rester concentré sur chacun des kilomètres à parcourir, du zéro au 136. C’est incroyable de réussir à s’imposer au terme de ce Dakar complètement fou et avec ce si petit écart ».

 Alexandre Giroud : « Je savais que pour gagner il fallait que je hausse le rythme d’entrée »
« Gagner un Dakar c’est toujours beaucoup d’émotions. Heureusement qu’elles arrivent à un moment car sinon pourquoi faire ça ?! Surtout après 15 jours de course et des milliers de kilomètres, gagner deux fois de suite c’est juste exceptionnel. Je savais que pour gagner avec le sable à la fin qui est la spécialité des Argentins il fallait que je hausse le rythme d’entrée. La saveur est différente, le premier succès était exceptionnel car aucun Français ne l’avait fait depuis la création de la catégorie quad, là une deuxième fois, ce n’est pas tout le monde qui le réalise. C’est un exploit qui a demandé beaucoup de travail. »

ASO