C’est une étape de 759 km qui attendait les concurrents qui ont quitté ce matin Wadi Ad-Dawasir. En liaison plein Sud, d’abord en direction de la province de Najran pour rejoindre le départ de la spéciale de 375 km qui serpentait entre les plateaux de Wajid et de Hijaz, avec leurs sommets culminant jusqu’à 1770 mètres d’altitude dans des décors uniques au monde.
Ceux de la Province de l’Aseer et ses pythons rocheux les pieds plantés dans le sable. Un terrain rapide composé à 66% de sable en direction du Nord-Ouest avec en ligne de mire la ville de Bisha où la caravane s’est installée pour deux nuits avant l’étape finale. De quoi venir à bout de certaines mécaniques qui devaient aujourd’hui dépasser les 6500 km de course, à l’image de celle de la numéro 1 de KTM.
L’étape du jour, remportée par Toby Price, a occasionné peu d’écarts, mais a en revanche copieusement redistribué les cartes. Adrien Van Beveren a eu le mérite de mettre du panache pour aller conquérir la première place du classement général, mais cet honneur pourrait se transformer en cadeau empoisonné. Car ses rivaux directs pour le titre, que sont Pablo Quintanilla et Sam Sunderland, respectivement pointés à 5’15’’ et 5’59’’ de lui, auront le bénéfice d’une position de départ éloignée. Or sur cette étape sablonneuse, la position d’éclaireur dont le pilote Yamaha, contraint d’attaquer, va très vite hériter en partant en 3e position, deviendra immanquablement un handicap.
Le Français est ainsi contraint à l’exploit pour résister à ses poursuivants, dont les intérêts sont de plus communs par exemple pour les pilotes GasGas, KTM et Husqvarna qui roulent tous sous la direction sportive de Jordi Viladoms.
En quads, après les déboires de Pablo Copetti, qui a cassé le moteur de son quad comme Kevin Benavides celui de sa KTM (voir le Coup dur du jour), Alexandre Giroud a un boulevard devant lui pour aller chercher le titre, avec 2h36’ d’avance.
Le Dakar mène la vie dure à Kevin Benavides. Les misères qui s’abattent sur lui ont débuté il y a bien longtemps, puisqu’après sa révélation sur l’édition 2016 (4e), il a connu plusieurs fois la frustration de voir la victoire lui échapper dans les derniers jours du rallye, jusqu’à finalement atteindre la consécration en janvier 2021. Cette année, la défense de son titre était très mal engagée avec 36 minutes déjà perdues à la fin de la première étape, mais l’Argentin a fait preuve de détermination et de talent pour entreprendre une reconquête. Au départ de la spéciale dessinée entre Wadi et Bisha, il pointait même au 5e rang de la hiérarchie et les 10 minutes qui le séparaient de Matthias Walkner, alors leader du général, lui autorisaient tous les espoirs. Mais au km 133, sa KTM l’a lâché. « Se rompio el motor », a très rapidement communiqué le Salteño totalement dépité sur ses réseaux sociaux. Le verdict est sans appel, avec son moteur cassé, Kevin se retrouve fauché dans son élan chevaleresque. Tout est à refaire.
ASO
