Décidément, ce Dakar aura été marqué par les éléments naturels qui se sont déchaînés au fil des jours pour rendre la vie dure aux pilotes. Alors que l'arrivée est tracée à 140 km de Buenos Aires, un orage s'abat sur la région peu de temps avant le départ, transformant la spéciale en champ de boue. Très vite, la piste devint une patinoire impraticable et l'organisation neutralisa cette dernière spéciale au CP2. C'est donc couverts de boue que les motards croisèrent sous le drapeau à damiers, ultime récompense après quinze jours de lutte intense contre le terrain, les éléments, leurs adversaires et eux-mêmes.
A ce petit jeu, Marc Coma (KTM) est, une fois encore, le plus fort et, après un problème de bib mousse le deuxième jour et une bagarre acharnée avec Joan Barreda (Honda), le Catalan s'impose en patron, s'offrant une cinquième victoire avec panache et grandeur. « Cela me fait entrer dans le petit cercle très fermé des quintuples vainqueurs du Dakar comme Cyril Neveu, Cyril Després.., commente-t-il, et je suis très heureux ! ». La deuxième marche du podium revient à Paulo Goncalves (Honda) qui, malgré un moteur à changer dans la dernière étape marathon, à réussi à se maintenir et à profiter des problèmes de ses adversaires et coéquipiers pour offrir au premier constructeur mondial un lot de consolation. Sur la troisième marche du podium, c'est un incroyable Australien, Toby Price (KTM), véritable révélation de ce Dakar, qui grimpa régulièrement pour se classer par huit fois dans les cinq premiers. Âgé de 27 ans et participant à son premier Dakar, il remonta ainsi jusqu'à la victoire de l'étape 12 et ravit la troisième place au Chilien Pablo Quintanilla (KTM) qui, lui aussi, mérite d'être désormais surveillé de près. Mais sur le Dakar, du premier au dernier, ceux qui franchissent l'arrivée mérite les lauriers de la victoire : Svitko se classe 5e devant Faria (KTM), Casteu (KTM), Jakes (KTM), l'incroyable Laia Sanz (Honda) qui a donnédu fil à retordre à plus d'un pilote masculin et Olivier Pain, premier pilote Yamaha.
En catégorie Quad, à 49 ans, progressant d'année en année, Rafal Sonik (Yamaha) décroche la timbale d'or et monte sur la plus haute marche du podium. Alors qu'il participait à sa sixième édition du Dakar, le Polonais se démarqua très vite comme un prétendant à la victoire, ne laissant aucun répit à Ignacio Casale, vainqueur de l'an dernier, jusqu'à la casse mécanique du Chilien dans l'étape 10, la même étape qui élimina Sergio Lafuente, un autre adversaire pour le titre. Rafal Sonik se retrouva alors largement en tête et géra avec beaucoup de professionnalisme son avance sur Jeremias Gonzales Ferioli (Yamaha), vainqueur d'une spéciale à 19 ans ! Le troisième larron à monter sur le podium, Nosiglia (Honda) est Bolivien. Soulignons toutefois l'incroyable performance de Camélia Liparoti qui cassa son moteur sur la ligne d'arrivée mais se classa tout de même en 15e position !
